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Mauvais conte de sorcières
| Philippe Randa | La Chronique
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On dit que les vieilles recettes sont les meilleures. Sans doute ! Faudrait-il encore que les plats proposés ne soient pas trop réchauffés. Voire même franchement cramés, telle la nouvelle menace islamo-terroriste brandit par le président Obama. Certes, l’épouvantail a déjà servi à son prédécesseur et à son allié anglais pour envahir l’Irak afin de mettre la main sur ses réserves de pétrole. Officiellement, c’était préventif. Afin de faire face à la menace d’armes de destruction massive empilées, des caves aux greniers, dans les innombrables palais de Saddam Hussein. D’armes de destruction massive, on le sait aujourd’hui, il n’y avait point. Difficile, alors, de refaire à l’opinion publique le même coup. Il y a des remake qui, même à Hollywood, ne passent pas. Alors, Barack Obama se montre plus précis : il évoque la possibilité que des terroristes s’emparent d’une arme atomique, et qu’il s’agirait de la “plus grande menace contre la sécurité des États-Unis”. On s’en doute. Et précis, il l’est encore davantage concernant le malotru nourrissant de si sombres pensées : Oussama Ben Laden lui-même, le mal incarné sur Terre depuis qu’Adolf Hitler n’est plus, que l’URSS s’est effondré et que les Martiens tardent à se montrer, soucoupes blindées et désintégrateurs à rayons laser au poing. Hillary Clinton, sa rivale malheureuse à la Maison-Blanche, nommée depuis secrétaire d’État, l’équivalent de notre ministère des Affaires étrangères, n’est pas en reste et plus encore que son maître, effroyablement précise : “Un million de morts. C’est le terrible bilan que provoquerait l’explosion d’une bombe nucléaire à Times Square, en plein centre de New York”. Un scénario-catastrophe évoqué à l’aube du sommet sur la sécurité nucléaire qui se tient depuis lundi à Washington. Le Figaro du 12 avril relaie ce mauvais conte de sorcières en précisant même sur la précision clintonienne de la précision barackienne : “Au sein de l’organisation terroriste, cette mission semble avoir été directement confiée à Ayman al-Zawahiri, numéro 2 du réseau. Lequel n’hésitait pas à déclarer à un journaliste pakistanais, en 2002 : “Si vous avez 30 millions de dollars, tentez le marché noir en Asie centrale. Contactez n’importe quel scientifique soviétique contrarié, et vous repartez avec des douzaines de bombes portatives””. Incroyable ? Mais non ! C’est tout comme on nous le dit, tout comme on nous l’écrit, tout comme on nous le répète… Toutefois, aussi incroyable cela puisse être, certains ne semblent pas pleinement convaincu de cette menace. Les services de renseignement français sur le terrorisme nucléaire, par exemple, dont le scepticisme tranche avec l’alarmisme yankee : “Pour nous le terrorisme nucléaire n’est pas en tête de la liste des menaces. Le risque existe, mais la menace n’est pas avérée” (…) C’est une question sur laquelle les Américains en font des tonnes depuis longtemps et cela culmine avec cette conférence [qui s’ouvre à Washington le Nuclear Security Summit souhaité par le président Obama]. C’est un peu curieux, car nous n’avons jamais rien vu de concret. Il n’y a jamais eu d’alerte sur une menace particulière. Pour la France, ce n’est donc pas une menace avérée, réelle ou immédiate” (sources : secretdefense.blogs.liberation.fr). Les Français ne peuvent donc s’empêcher de jouer les empêcheurs de guerroyer en paix… L’american way of life n’est décidément pas un long fleuve tranquille.
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