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Mercredi, 12 Mai 2010
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Après le travail, le déluge !
Philippe Randa
La Chronique
Il est paradoxal d’entendre les mêmes qui se plaignent de ne pas avoir de travail, frémir à l’idée d’obtenir la retraite plus tard qu’ils ne l’auraient espérée… partageant une telle angoisse avec ceux qui ont un travail, ont peur de le perdre, mais s’offusquent tout autant d’avoir à le prolonger au-delà de ce qu’on leur avait assuré.
“On”, c’est-à-dire les gouvernements successifs depuis plus d’un demi-siècle dont tous les Français semblent réaliser, mais un peu tard, l’imposture des promesses électorales et des politiques aveugles…
À croire qu’aucun de ces dirigeants n’avaient songé que durée de vie et population s’accroissant dans le même temps où le chômage s’installait durablement, augmentait lentement, mais sûrement, puis s’accélérait sous les effets de l’immigration incontrôlée, puis de la mondialisation imposée, il n’y aurait un jour plus assez d’actifs pour cracher au bassinet du système de retraite…
À moins, bien sûr, de considérer que tous ces éminents dirigeants ont fait leur cette maximum attribuée à Louis XV : “Après (eux) le déluge !”(1).
Plus personne n’ignore donc que les retraites ne sont mathématiquement plus en passe d’être assurées sous peu d’années. Qu’il est donc nécessaire, voire indispensable, de changer les choses. Comment ? C’est le dilemme…
Travailler plus ? Certains se rappellent que voilà trois ans, on leur a fait le coup pour gagner plus. La réalité leur restant aujourd’hui en travers de la gorge, ils sont peu enclins à être pris deux fois de suite pour des électeurs sarkozystes !
Les électeurs de gauche, eux, ne comprennent pas pourquoi en travaillant moins grâce aux 35 heures de dame Aubry, il puisse rester des chômeurs en France, que leurs retraites à eux sont encore menacées et que les poules n’ont toujours pas de dents !
Il reste certes les bonnes vieilles méthodes pour certains camarades nostalgiques qui ne s’en lasseront jamais : faire payer les riches ! L’ennui est que ceux-ci rechignent toujours et encore au sacrifice social et que les vraiment riches ont seuls les moyens de mettre, aujourd’hui comme hier, leurs cagnottes en lieux sûrs.
Restent les autres, ceux qui ne sont pas suffisamment à l’abri de l’impôt et sont désormais les seules proies accessibles pour le Ministère des finances… En tête, nombre d’actuels retraités auxquels on compte réclamer qu’ils mettent sous peu la main à la poche pour garnir, à défaut de remplir, celles des prochains retraités… Un comble !
Si les solutions miracles étaient simples, il va sans dire qu’elles seraient depuis longtemps appliquées… mais qu’en l’état actuel des mentalités françaises, le débat risque bien de s’éterniser… À moins qu’on ne cesse finalement de trouver aliénant de travailler… et que la retraite ne donne plus un sens, voire même tout son sens, à l’existence d’un nombre de plus en plus importants de nos concitoyens. Pourquoi pas !

Note
(1) Ce mot paraît appartenir non au roi, mais à Mme de Pompadour. “Il [la Tour] m’a raconté que peignant Mme de Pompadour, le roi, après l’affaire de Rosbach, arriva fort triste ; elle lui dit : qu’il ne fallait point qu’il s’affligeât, qu’il tomberait malade, qu’au reste après eux le déluge (Éman Martin, le Courrier de Vaugelas, 15 sept. 1874”. (http://littre.reverso.net)

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