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Dimanche, 31 Août 2008
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Une femme vaut-elle davantage qu’un noir ?
Philippe Randa
La Chronique
En musique, un blanche vaut deux noires, au grand dam de tous les obsédés de l’antiracisme. On finira bien par trouver un jour une façon de changer ce cauchemar citoyen.
En politique américaine, tout au contraire, on va savoir si une femme vaut un noir… en attendant sans doute qu’un futur candidat à la Maison blanche soit obligé de choisir comme colistier un handicapé pour contrebalancer le choix de son concurrent d’avoir désigné un obèse, un végétarien ou on ne sait quel digne représentant d’on ne sait quelle minorité.
Certes, on ne sait encore qui va l’emporter de John ou de Barack, sauf peut-être en France où les médias désignent depuis des mois leur favori, c’est-à-dire évidemment le candidat démocrate, n’accordant que quelques bribes de commentaires fielleux à l’égard de ce forcément si méprisable McCain. Ah ! que ne laisse-t-on les journalistes français choisir seuls qui est digne de gouverner, au lieu de perdre temps et argent à organiser des élections incertaines où le peuple ignare vote souvent si mal. Pour exemple, la première élection de George W. Bush et sa réélection quatre ans plus tard ! Sans parler du diabolique Poutine en Russie.
Le choix du candidat républicain à l’élection américaine d’un tandem avec Sarah Palin est à mille lieux des amours bling-bling de notre français de président : cette dame n’a jamais posé à la une des magazines en petite tenue, voir dans le plus simple appareil, ne pousse pas la chansonnette et n’a, selon toute probabilité, couché ni avec Éric Clapton, ni avec Mike Jagger. Madame le gouverneur de l’Alaska – tout de même ancienne vice-miss Alaska – est, elle, mère de cinq enfants, va à la chasse, soutient le lobby des armes à feu et s’oppose au droit à l’avortement. Cette dame est un vrai cauchemar à bobo !
L’élection américaine, comme d’ailleurs la plupart des élections dans les sociétés occidentales, ressemble de plus en plus à une partie de ping-pong jouée sinon « par », du moins « pour » les minorités. Et exclusivement pour elles. La seule angoisse d’un candidat à une élection semble être de ne pas en oublier une seule… ou de la favoriser avant son concurrent. Un bulletin partout, balle au centre. Dormez en paix, minorités, on n’est pas prêt de vous oublier. En tout cas, pas avant la fin des élections.
Tu te préoccupes des gros, je m’inquiète des maigres ; tu aimes les blacks, j’adore les jaunes ; tu as ton gay de service, j’ai mon sportif médaillé ; une star du cinéma te soutient ? Moi, c’est le numéro un du Hit-parade ; t’a ton juif philosophe de gauche ? Moi, j’ai un raélien pratiquant ; t’es pour la paix, moi je suis contre la guerre ; T’a visité les pauvres de la ville ? Moi, c’est le frère de la concierge du voisin de ma cousine qui en était…
Vivement qu’on sache, grâce à cette élection américaine, si une femme vaut davantage qu’un noir. Le suspense est trop intolérable.

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