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| Vendredi, 24 Octobre 2008 |
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Les facéties de la justice française
| Philippe Randa | La Chronique
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On dit beaucoup de choses de la Justice : elle serait aveugle, il n’y en aurait pas, elle serait mal faite ou seulement pour les riches… Certains la croient immanente, d’autres espèrent la trouver dans une Monde meilleur… Force en tout cas est de constater qu’elle mécontente bien du monde. Les condamnés considèrent qu’ils le sont toujours trop, leurs victimes tout au contraire qu’ils ne le sont jamais suffisamment, les Juges trouvent qu’ils travaillent au-delà du raisonnable, alors que leur Ministre est très mécontent de leur rendement, à croire que les Damnés de la Justice ne travailleraient pas plus pour gagner moins comme tant d’autres Français ! Quant aux avocats, leurs cris de famine font écho à ceux de leurs clients confrontés à leurs honoraires. Mais pendant que les robes noires (les avocats) et les robes rouges (les juges) prenaient hier le soleil dans les rues et bloquaient la circulation comme de vulgaires cégétistes d’antan, un de leur « client » était, lui, justement, dans les starting blocks de la libération. Le sieur Jorge Montes est en effet l’actuel joyeux lauréat des facéties de la Justice française. Le l7 octobre dernier, ce danseur urugayen fort porté sur les dames, même et surtout sans leur consentement, allait être relâché pour une légère erreur d’écriture : le mot « infirme » avait été mis à la place du mot « confirme » par on-ne-sait qui : la Justice, c’est comme la Bourse, finalement, on ne sait jamais qui est responsable des catastrophes… Il s’agissait, toutefois, d’un Arrêt de première instance et le président de la chambre de l’instruction de Paris, un tantinet distrait, l’a confirmé en apposant son plus beau paraphe, validant ainsi la remise en liberté d’un agresseur sexuel déjà condamné pour cela en 2007 et en passe de l’être à nouveau. L’abuseur de dames avait emmené en balade l’une de celle-ci durant près de deux semaines – comme tant de femmes rêvent de l’être par leur compagnon ou leur mari trop égoïste pour y penser – mais sous la contrainte d’une matraque électrique, ce qui ne se fait pas, tout le monde en conviendra. La quarantaine de viols non plus, la vigueur de ce Jorge-là étant quelque peu excessive… et sa goujaterie de même puisqu’il utilisa la carte bancaire de l’élue ce ses contraintes pour s’acquitter des menus frais de cette virée fort sexuelle, mais si faiblement romantique. Cette dame-là n’est d’ailleurs pas la seule à se plaindre des manières fort cavalières de ce sacré Jorge : une autre a porté plainte pour avoir supporté à de nombreuses reprises ses assauts amoureux… sous la menace d’un couteau ! Même au parloir de la prison, l’Urugayen de ces dames ne pense qu’à ça : il y a été sanctionné disciplinairement à la suite de relations sexuelles. « Le juge d’instruction n’a pu que lui rajouter un contrôle judiciaire lui fixant certaines obligations. Un contrôle “strict”, selon le procureur de la république de Créteil, qui lui impose diverses obligations, dont celle de remettre son passeport, de pointer au commissariat, et de ne pas s’approcher des victimes », écrit Laurence de Charette dans Le Figaro d’hier et la journaliste de conclure : « Toutefois, les avocats des parties civiles s’inquiètent, car le prévenu a déjà fait l’objet d’un contrôle judiciaire en 2008, qu’il avait enfreint. Il n’est pas du tout certain que juridiquement, le nouveau contrôle judiciaire décidé jeudi en urgence soit valable… » Même pas valable… comme une certaine justice française, semble-t-il. Victor Hugo affirmait que l’odieux était la porte de sortie du ridicule. Il n’avait pas tout à fait tort !
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