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Samedi, 15 Novembre 2008
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Les talibans de la galipette à l’envers
Philippe Randa
La Chronique
Dans notre pays autoproclamé des Droits de l’homme, l’un des plus importants, sinon le premier d’entre eux, le « droit à l’ouvrir » n’est pas précisément du goût de tous… et la célèbre déclaration de Voltaire ne fait pas l’unanimité : « Je hais vos idées, mais je me battrais jusqu’au bout pour que vous puissiez les exprimer. »
À l’évidence, certains se battront toujours « jusqu’au bout », mais pour faire condamner ceux qui ne pensent pas comme eux. Pour ces étiquettés « ennemis de la liberté », il ne saurait y en avoir la moindre.
Toutefois la France judiciaire n’est pas toujours un long fleuve tranquille pour les farouches descendants du révolutionnaire Saint-Just, surnommé aux temps de sa gloire « l’Archange de la Terreur ». Tout un programme.
En janvier et février 2005, le député Christian Vanneste avait fait part de son avis fort peu politiquement correct (euphémisme !) sur l’homosexualité dans des interviews à La Voix du Nord et à Nord éclair.
Émoi dans le landerneau des mœurs alternatives, vapeurs et cris d’effrois, indignation immédiate des professionnelles de la chasse aux sorcières… et plaintes pour injures en raison de l’orientation sexuelle déposées par Act Up, le Syndicat national des entreprises gaies et de SOS Homophobie.
Un jugement du tribunal correctionnel de Lille, puis un arrêt de la cour d’appel de Douai, avaient reconnu le député coupable, forcément coupable, « d’injures en raison de l’orientation sexuelle »… mais patatras, voilà trois jours de cela, le 12 novembre dernier, les attendus d’un arrêt de la Cour de cassation mentionnent que les propos du député Christian Vanneste n’ont pas dépassés les limites de la liberté d’expression et l’ont relaxé sans renvoi.
Consternation, on s’en doute ! des associations qui avaient engagé les poursuites… et qui ont annoncé leur intention de saisir la Cour européenne des droits de l’homme.
Jusqu’au bout, on vous dit !
Le match Voltaire-Saint-Just n’est pas fini… Le sera-t-il jamais, d’ailleurs ?
Au-delà de ces péripéties judiciaires – et politique, puisque Christian Vanneste, au plus fort de la tourmente, a tout de même été réélu député assez facilement en juin 2007 –, il est tout de même étonnant que personne ne lui ait simplement répondu sur le simple terrain du bon sens.
En effet, lorsqu’il déclare que « l’homosexualité est une menace pour la survie de l’humanité », qu’elle serait « dangereuse pour l’humanité (…) si on la poussait à l’universel », mais « pas dangereuse pour autant » (on se demande alors ce qu’il lui faut !), cela sous-entend logiquement que tout à chacun est naturellement prêt à « franchir le pas » si d’imbéciles conceptions morales ne le retenait pas et qu’il est donc nécessaire, si l’on va « jusqu’au bout » du raisonnement vannestien, d’établir des barrières, des limites, voire sans doute… des lois pour l’en empêcher.
Sans tabous moraux ou judiciaires, l’homosexuel serait Roi… ou Reine !
Une conception des mœurs quelque peu particulière qui rejoint très exactement celle des ultras de l’homosexualité, persuadés que leur goût pour les amitiés particulières est la norme… et l’hétérosexualité l’exception, contre-nature, imposée via la morale traditionnelle défendue par les grandes religions (catholicisme, judaïsme et Islam) et la philosophie (concept de loi naturelle), de la supériorité de l’hétérosexualité…
Il est drôle de songer alors que Monsieur Christian Vanneste est contre, mais surtout tout contre, ces talibans de la galipette à l’envers.
L’homosexualité, oui, pourquoi pas, finalement… si ce n’était tout de même ce côté fâcheusement physique de la chose…

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