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Jeudi, 21 Février 2008
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Machiavélisme bling-bling
Philippe Randa
La Chronique
Il y a comme cela en France des sujets dangereux. Dangereux parce que tabous et tabous parce que frappés d’interdiction de tout débat. Il n’y a à leur sujet, jamais, de controverse possible. La condamnation morale est définitive.
Il en va ainsi des mouvements désignés comme « sectaires » et donc frappés du sceau de l’infâmie citoyenne.
Emmanuelle Mignon, directrice de cabinet du président Nicolas Sarkozy, vient de l’apprendre à ses dépends pour être accusé d’avoir déclaré dans un entretien publié par VSD : « La lutte contre les sectes a longtemps permis de dissimuler les vrais sujets. Mais, en France, les sectes sont un non-problème. »
Ses propos ont aussitôt déclenché un tollé général et elle n’a pas manqué, comme toujours en pareil cas, de démentir immédiatement les avoir tenus.
Vrai ou faux, cela n’a en vérité aucune importance, tant leur seule évocation sert si bien de aux gros titres alléchants dans la presse, à l’opposition centriste et de gauche pour avoir l’air d’exister… et à l’Élysée pour faire oublier le dérapage très mal contrôlé de la culpabilisation des élèves de CM2 menacés à l’avenir d’avoir à parrainer un enfant juif mort en déportation.
Un « scandale » en chasse toujours un autre et si madame Mignon est réellement la voix de son Maître comme tout le monde l’en accuse, nul doute qu’apparaît bien là tout le machiavélique cynisme de notre potentat bling-bling.
Quoiqu’il en soit, au-delà de cet habituel crépage de chignon pour amuser la galerie, il n’est pas inutile de rappeler que si les mouvements déclarés sectaires se multiplient – ce qui reste encore à prouver – ne serait-ce pas avant tout la faute des religions institutionnelles ? La crise des vocations au sein de l’église catholique laisse notamment de fait la porte ouverte à toutes les aventures spirituelles possibles et imaginables. La nature a horreur du vide.
Quant aux « abus de faiblesse psychologique » et « troubles à l’ordre public » dont se rendraient coupables les mouvement sectaires – ce qui reste là encore à prouver et en sont-ils tous coupables ? –, n’est-ce pas à la police de faire son travail d’enquête et d’intervention, puis à la Justice de les poursuivre, puis de les sanctionner si nécessaire ?
Si un tel ou tel mouvement s’avère en toute impunité plus crapuleux que spirituel, c’est avant tout le laxisme éventuel des forces de l’ordre et le disfonctionnement de notre système judiciaire qui sont seuls en cause.
Ne pas ramener « l’affaire » au strict cadre de telles évidences est une violation de la loi de 1905 sur la séparation des Églises et de l’État et tout mouvement spirituel a alors beau jeu de réclamer la liberté de conscience, for du fait que celle-ci est reconnue dans la Constitution. Ce qui n’est tout de même pas rien au vu du simple droit de tout citoyen.

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