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Révélatrice sauce béarnaise
| Philippe Randa | La Chronique
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Nicolas Sarkozy, avant son entrée à l’Élysée, avait débauché Éric Besson, un des plus proches conseillers de sa rivale socialiste… avant de lui offrir une place de figurant ministériel en même temps qu’à Bernard Kouchner et à Jean-Marie Bockel. Il demanda ensuite un rapport sur « la libération de la croissance » française à Jacques Attali, ancien conseiller de François Mitterrand et laisse entendre depuis à Claude Allègre, Jack Lang et à d’autres gloires socialistes d’hier et d’avant-hier que leur tour de piste est pour bientôt. Le nouveau Chef de l’État entend ainsi affaiblir son opposition en la désorganisant. Le résultat n’est guère concluant après ce premier tour d’élections municipales, mais le but recherché n’était que de donner le change à une opinion prête à y croire ! Aussi, on s’interroge cette semaine sur la stratégie de François Bayrou… Fait-elle perdre toute lisibilité à la politique française ? Quelques grincheux rétorquent bien que pour ce qu’elle en avait, elle ne perd pas grand chose… Les alliances du Modem passées autant à gauche qu’à droite et conclues tout autant à l’aune d’une ambition présidentielle en 2012 qu’à celles de douteux marchandages locaux, démontrent bien que ce n’est pas le bipartisme qui menace les libertés politiques en France, mais véritablement un Parti unique de fait. Certes, ce Parti unique trompe son monde en offrant à échéances régulières le spectacle vu et revu de la même comédie électorale. Cela sauve les apparences et amuse la galerie en laissant des candidats s’affronter pour se faire élire et bénéficier d’avantages abusifs, tant au niveau de leur vanité que de leur porte-monnaie… à la seule condition, évidemment, qu’ils portent les couleurs politiques autorisées. Rares et marginalisés sont les élus qui ne participent pas à cette mascarade démocratique et encore, l’indépendance de la plupart d’entre eux reste toute relative. Dénoncer le bipartisme comme « une anomalie, une malédiction » tout en se positionnant « à droite autant qu’à gauche » au nom d’un « courant démocratique républicain français » dont il exclut le Parti communiste en refusant de cautionner la fusion de sa liste locale avec celle du maire sortant d’Aubagne… est sans doute une grave imprudence de François Bayrou. Bien malgré lui, il révèle ainsi la réalité du Parti unique à la française qui, pour sauver les apparences, doit continuer à faire croire à la pluralité politique, même et surtout parce qu’elle est fictive. Pardonnera-t-on au Béarnais sa dangereuse inconscience ?
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