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Vendredi, 10 Juillet 2009
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Bac, mon doux Bac, dis-moi qui est le plus…
Philippe Randa
La Chronique
À l’évidence, nombre de Français doivent être fiers, sinon comme Artaban, du moins comme tout parent qui se respecte. Leur progéniture chérie a décroché le baccalauréat.
Beaucoup, craignant un échec toujours possible, sont simplement soulagés, même s’ils pensent qu’in extremis, par l’action de quelques Dieux bienveillants ou étourdis, ce qu’ils ne peuvent honnêtement appeler qu’un « miracle » s’est produit. S’il n’y en avait pas de temps en temps, ça se saurait et les religions y perdraient beaucoup.
Soulagés, oui, mais pour certains tout de même assez étonnés, sachant quels efforts avait déployé leur boutonneuse merveille pour ne pas s’épuiser dans le travail plus qu’il n’aurait été raisonnable.
Le père, bien sûr, pense que son enfant ayant hérité de son intelligence et de la beauté de sa mère, ceci explique cela… et son épouse affirme que c’est le contraire, mais c’est évidemment pour le taquiner, restons sérieux…
Les plus suspicieux ne peuvent s’empêcher d’en chercher plutôt l’explication dans les 80 % de réussite désormais obligatoire à cet examen : très exactement 78,4 % au premier coup, soit 2,9 de plus qu’en 2008 pour le Bac général… et en attendant sans doute un jour, pourquoi pas ! 110 % de bacheliers.
Quant aux esprits chagrins, ils font évidemment remarquer que le terme « épreuves » n’est plus guère approprié au baccalauréat actuel. Un échec est d’ailleurs désormais communément présenté comme un « accident scolaire » – comme il y a des « accidents industriels » – et il est invariablement accompagné de la phrase : « Ce sera pour l’année prochaine » ; sous-entendu : tout le monde ne peut pas gagner à tous les coups, mais l’égalité citoyenne est là pour bouter l’insupportable discrimination des résultats scolaires hors du pays des droits-de-l’élève, celui-ci fût-il de plus en plus ignorant.
D’ailleurs, pour contredire les mal aimables – de plus en plus nombreux – qui émettent des doutes quant à la valeur réelle du sacro-saint baccalauréat qui ne fascine plus guère que les plus de soixante-quinze ans, on l’a rendu désormais obligatoire pour obtenir la plupart des emplois, fussent-il des plus modestes.
En France, on n’oblige pas à aller voter, mais on oblige à envoyer jusqu’à leur seize ans les enfants à l’école… où beaucoup de parents les laissent, faute de trop bien savoir quoi en faire ensuite !
Si ce n’était pas le cas, il est à craindre sans doute qu’avec cette institution de plus en plus à l’image de la République, voire souvent même en avance sur elle, l’absentéisme atteigne, voire dépasse, les mêmes taux que lors d’une consultation électorale.

PS : (message personnel) « Mon chéri, je te le redis, bravo, je suis très fier de toi. Surtout que maintenant que c’est gagné, tu vas enfin pouvoir utiliser toutes ces réserves d’efforts dans le travail que tu as si habilement sû mettre de côté. Tu as des réserves inépuisables, c’est certain. J’ai donc toute confiance dans ton avenir. Je t’embrasse. Papa. »

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