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Jeudi, 10 Décembre 2009
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Dérives du recrutement policier
Philippe Randa
La Chronique
Les policiers malhonnêtes qui rançonnent, trafiquent, volent ou trahissent le secret professionnel contre monnaie sonnante et trébuchante ne sont évidemment pas la majorité des policiers. Et ne le seront jamais.
L’histoire de la Grande Maison est par ailleurs jalonnée de policiers malhonnêtes. Ce n’est pas un phénomène nouveau. La littérature et le cinéma en ont rendu compte autant qu’écrire ou filmer se peut et Claude Zidi les a même rendus fort sympathiques sous les traits de Philippe Noiret et de Thierry Lhermitte dans sa trilogie des Ripoux.
Mais si la littérature et le cinéma restent avant tout distrayants, la réalité est toute autre. À preuve, ces deux policiers filmés la semaine dernière en flagrant délit de vol dans un magasin parisien de téléphonie.
Tout y est pitoyable : un braquage sans panache qui aurait pu déraper en tuerie, un butin minable – cartes de téléphone pré-payées et fond de caisse – et une arrestation quasi-immédiate des apprentis-braqueurs n’ayant même pas prêtés d’attention à la caméra qui filmait leurs exploits.
Simple fait-divers sans rien d’exceptionnel ? Oui… et non. Fait-divers incontestablement, mais sans doute révélateur de la dégradation du recrutement policier.
Car de nouvelles générations de policiers remplacent les anciennes. Rien de plus logique. L’ennui est que les motivations des jeunes recrues sont souvent bien différentes de celles de leurs aînés.
L’assurance d’un salaire régulier dans une profession échappant aux affres du chômage attire désormais bien davantage que la protection de la veuve et de l’orphelin ou encore le maintient de l’ordre et de la paix
Ce qui explique en grande partie toutes les dérives actuelles de certains représentants de l’ordre : imbécile harcèlement via des contrôles d’identités à tort et à travers ; multiplication inutile autant qu’humiliante des gardes à vue ; dangereux fichier stic aux données incomplètes, fausses, datées, périmées ou non-actualisées, dans lequel figurent cinq millions et demi de personnes, victimes tout autant qu’auteurs présumés de délits ou de crimes ; explosion des verbalisations pour les automobilistes ; violences verbales ou physiques…
Ainsi se creuse de plus en plus un fossé d’incompréhensions, d’aigreurs, voire de détestations, entre l’institution policière et les citoyens.
Exiger des forces de l’ordre une « politique du résultat », pourquoi pas ! À condition toutefois de mettre en œuvre auparavant une plus exigeante encore « politique du recrutement ».
Une évidence qui a visiblement échappé à un ancien ministre de l’Intérieur, devenu président de la République.

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