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Vendredi, 23 Octobre 2009
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Jean-Claude Jézéquel
La Tribune libre
PRIORITE DECLAREE DE LA PRESIDENCE SUEDOISE DU CONSEIL DE L’EUROPE
Entre autres vœux pieux de la présidence suédoise, qui a pris effet au 1er juillet dernier, nous pouvons noter selon son programme : lutter efficacement contre la pauvreté, répondre à la crise économique et aux défis du changement climatique, améliorer la surveillance des marchés financiers, élaborer une stratégie d’« inclusion active » pour les près de 100 millions de personnes placées hors du marché du travail en Europe, veiller à donner les meilleurs soins aux personnes âgées…

DU CONSEIL ECONOMIQUE ET SOCIAL EUROPEEN (CESE)
A l’instar du Conseil Economique et Social français (CES), installé à Paris au palais d’Iéna, le CESE est la plateforme institutionnelle, consultative, grâce à laquelle les représentants des milieux sociaux économiques européens peuvent et donnent leurs points de vue de manière formelle sur les politiques européennes, un pont, peut-on dire, entre l’Europe et la société civile organisée. Mario Sepi en est actuellement le président et est assisté de deux vice-présidents, Irini Ivoni Pari* (grecque) en charge du « groupe des employeurs » et Seppo Koellio* (Finlandais) en charge des « activités diverses ». Le secrétaire général est aujourd’hui Martin Westlake. Sa fonction consiste en sus de la gestion, de l’administration, de l’élaboration et du suivi des budgets de l’institution, de publier les décisions de l’Assemblée plénière, du Bureau et du Président. * Secrétariats : + 32 254 682 98

QUID DU POUVOIR ET DE LA DIPLOMATIE DE « LA TASSE DE THE » (sic Georges Pompidou) ?
Georges Pompidou avait raillé « la diplomatie de la tasse de thé » quand il prit en main les rênes du pouvoir, suscitant l’irritation du corps des diplomates, qui ne se retrouvaient pas dans cette image. Cette moquerie témoignait de la défiance croissante du pouvoir politique envers cette corporation, qui s’était déjà traduite « sous » De Gaulle par la perte du monopole du Quai d’Orsay sur les Affaires étrangères au profit de l’Elysée. Avec Nicolas Sarkozy, la défiance va plus loin, cela est sans nul doute en rapport avec son caractère qui s’accommode mal des attitudes policées voire ampoulées que l’on prête aux diplomates et de la réserve qu’imposent leurs missions, alors que celui-ci ne s’embarrasse ni de la syntaxe, ni de grammaire, pour s’exprimer, et se montre toujours fonceur au risque de devoir faire marche arrière ou de se contredire, voire d’être incompris. C’est « un politique » qui entend que les choses aillent vite avant d’être dépassé (« L’actuel chef de l’Etat considère les institutions de la République comme des obstacles, des handicaps à l’exercice et à la manifestation de sa volonté » relève le constitutionaliste Dominique Rousseau dans une interview récente au journal Le Monde), alors que les diplomates se voient comme les garants de la stabilité, surtout du maintien du cap dans la ligne préfixée. Pour les contourner, il s’est entouré de ses propres conseillers diplomatiques, Jean-David Levitte qui les a pris par la douceur et Claude Guéant. De plus, ce corps, légitimiste et peu remuant (il n’a pas le choix), accepte sans broncher les petites baffes qu’on lui colle, ce qui encourage les « donneurs de soufflets », aussi n’est-il pas surprenant d’avoir vu nommer cet été des personnalités sans expérience comme Roger Karoutchi, ambassadeur à l’OCDE, et Boris Boillon, conseiller et proche du Président, ambassadeur en Irak. Les diplomates professionnels avaient déjà dû avaler les choix de leur ministre (B. K.) parmi ses amis, inexpérimentés, aussi.
L’appareil diplomatique embrasse 166 ambassades (contre 19 misions à l’étranger sous Louis XIV et 21 sous Louis XVIII), 17 représentations auprès d’organisations internationales et 98 postes consulaires. L’ensemble du corps diplomatique compte 3.600 personnes et se classe comme le 2ème réseau du monde, après celui des Etats-Unis.

ANGELA, DIS-MOI TOUT… DE LA PHYSIQUE QUANTIQUE AUX POLITIQUES RELATIVES
Le 27 septembre dernier, la chancelière allemande a été reconduite dans ses fonctions avec les 33,8 % de votes affectés à son parti, la CDU, (contre 23 % pour les SPD, en recul de 11,2 %) avec une coalition qui sera élargie puisqu’il conviendra d’y associer les libéraux du FDP (14,6 % des voix). Chancelière « confirmée », partenaire européenne de première importance, le moment paraît propice pour « revisiter » son parcours. Angela Merkel est née Angela Dorothea Kasner. Divorcée en 1982 et remariée sans enfant, elle a gardé le nom de son premier époux. Ce choix a ses raisons et curieusement celui-ci n’interpelle pas ses biographes occasionnels. Elle est née à Hambourg, ville natale de sa mère, où son père a fait ses études de théologie, le 17 juillet 1954 (signe astral : cancer, asc. Sagittaire, date anniversaire : la même que Camilla Parker Bowles…). Son père quitta « l’Ouest » en 1955 pour sa terre natale dans le Brandebourg, considérant son passage à l’Est comme un devoir, et c’est ainsi qu’Angela devint une Allemande de l’Est, une « Ossise », sans en avoir « tout à fait » le profil « type »… Elle a vécu son enfance dans le domaine de Waldhof, aux portes de la ville médiévale de Templin (ex-RDA), à 85 km au nord de Berlin, dans une région qu’elle affectionne toujours et où elle possède une villa qu’elle rejoint le W.E. quand elle le peut. Horst Kasner, son père, était directeur du Séminaire pastoral dédié à la formation des clercs de la région de Brandebourg et de Berlin-Est. Angela eut donc une enfance, certes particulière, mais plutôt privilégiée dans le contexte politique de l’époque, même si le régime communiste voyait dans la religion le premier ennemi de l’Etat. En effet, elle vivait dans une grande maison où les taches ménagères étaient prises en charge par des domestiques, son père bénéficiait d’une voiture de fonction, du téléphone, et elle côtoyait, hors des milieux ouvriers et du militantisme communiste « de base », des intellectuels. Son histoire paradoxale est étroitement liée à la partition de l’Allemagne comme de sa réunification. C’est l’histoire d’une « mutante ». Horst Kasner, le père d’Angela, surnommé dans sa région « Kasner le rouge », a la réputation justifiée d’avoir fait le grand écart entre sa foi chrétienne et le communisme, qu’il considérait comme la meilleure forme de l’Etat (un idéaliste, dit-on aujourd’hui pour simplifier), selon, entre autres témoins, l’un des pasteurs opposants au régime de l’ex-RDA, Rainer Eppelmann que rejoignit Angela Merkel au sein du mouvement « Renouveau démocratique »*. Cette dernière, qui a dû composer avec, d’une part, ses attaches originelles et ses ambitions politiques au sein d’une Allemagne « réunifiée », d’autre part, sa nature que l’on prétend chaleureuse et la prudence indispensable du temps de la Stasi, reste toujours dépendante de son ambivalence. Une partie d’elle-même la pousse, quand l’autre la retient. Contrainte au double jeu dans sa jeunesse, se conduisant en bonne protestante dans sa communauté tout en se soumettant en 1969 à la cérémonie d’initiation civique instaurée en RDA en 1954 pour contrer l’influence de l’Eglise (la Jugendweike) et en appartenant aussi à la « Jeunesse libre allemande » (Frei Deutsche Jugend). Devenue un animal politique après avoir été chercheuse en physique quantique, elle entrera en 1991 dans le cabinet du chancelier Kohl et sera ministre fédérale de l’Environnement, de la Protection de la Nature et de la sécurité Sociale de 1994 à 1998. Première chancelière d’Allemagne, elle est donnée comme la personne la plus puissante du monde par le magazine américain Forbes en 2006. On comprend mieux l’image véhiculée par les médias qui la jugent froide, calculatrice, toujours retenue ou bien sur la défensive, alors qu’elle serait chaleureuse en privé. Ce comportement a ses effets sur ses choix et ses relations, donc sur la politique allemande. Issue d’une famille de gauche avec un père communiste et une mère encartée au SPD, Angela, démocrate chrétienne élue de la CDU, avait trouvé dans la coalition CDU-SPD son point d’équilibre (le grand écart tout en gardant les jambes serrées !). L’exercice qui lui est désormais imposé nécessitera davantage de souplesse et plus de contorsions. Quant à sa vie de couple avec la France, le moment de vérité aura lieu bientôt, lors de la théorique sortie de crise, en 2010 peut-être, quand viendra à leur table commune la question du déficit français, (le déficit public sera bientôt interdit par la Constitution allemande), et celle de la dette aussi… Si le divorce est, dit-on, impossible, le torchon peut brûler un moment et la froide Allemagne peut être tentée un instant d’aller voir ailleurs (Russie, les pays de l’ex-URSS…), le temps de créer quelques liens coûteux pour l’alliance franco-allemande. Aussi des conseillers conjugaux cherchent-ils des recettes pour un Nième nouveau départ du couple avec, par exemple, un agenda commun pour Nicolas Sarkozy et Angela Merkel, des communications communes, des rapprochements de tous ordres. A cet égard, la presse allemande se moque gentiment de voir l’inimitable et incontournable Jack Lang arpenter la pays de long en large pour prendre ses marques et prendre des leçons accélérées l’allemand, misant sur un rôle essentiel de porte-parole unique des deux pays, une mission devant tomber du ciel !

* mouvement né après la chute du mur et qui se fondera en 1990 dans La CDU. Angela Merkel deviendra la présidente de la CDU en 2000.

DEDOUBLEMENT DE NATIONALITE
Qui est qui ? Et quand est-on qui ? Trois millions d’Algériens « disposent » de la double nationalité Française et Algérienne et 950.000 ont la double nationalité canadienne et Algérienne. Le dédoublement de nationalité est en Algérie un phénomène en plein essor depuis 15 ans et il concerne, selon le quotidien « Echorouk », 13,5 % de la population algérienne, soit 4,5 millions de personnes ! Les autres pays européens recherchés par les Algériens pour « doubler » leur nationalité : l’Espagne et l’Allemagne. 60 % des commis de l’Etat algérien bénéficient de la double nationalité (française et algérienne), même si la loi algérienne interdit aux bénéficiaires d’une double nationalité d’occuper des postes névralgiques ou des fonctions au sein de certains secteurs d’activité.

IRLANDE, MA BELLE, DIS-MOI OUI…
L’Irlande, qui a vu son taux de chômage passer de 3 % à 12 % en un an et demi, passant par exemple de 6,1 % en août 2008 à 11 % en avril 2009, qui de ce fait à dû freiner l’immigration et prendre des mesures difficiles en matière sociale (les salaires ont baissé en moyenne de 3 % en 2009 et devraient encore baisser de 1,6 % en 2010), paraît prête à lâcher le « oui » attendu au Traité de Lisbonne, lors du scrutin de demain (2 octobre), date arrêtée le 8 juillet dernier par le Premier ministre (le Taoisead en gaëlique). L’Irlande a déjà consulté sept fois ses citoyens sur les questions européennes, et ce, par référendum. La première fois en 1972, date de son adhésion à la CEE (83,1 % de votes favorables). En 2001, les Irlandais rejetaient le Traité de Nice (53,87 % de voix contre) pour l’approuver ensuite avec 62,89 % de voix favorables… En juin 2008, ils rejetaient le Traité de Lisbonne avec 53,4 % de « non ». On devrait connaître vraisemblablement le même scénario avec le scrutin du 2 octobre 2009. Alors, la herse sera ainsi enfin levée ? Non. La Pologne comme la République tchèque ont à leur tête des présidents eurosceptiques, et si on annonçait que les Tchèques seraient appelés à se prononcer par référendum sur le Traité de Lisbonne avant la fin de cette année, rien n’est moins sûr. En effet, le sénateur Jiri Oberfeizer a saisi le Conseil constitutionnel de son pays, en son nom et au nom de 16 autres sénateurs libéraux, afin de savoir si le traité visé n’écornait pas la souveraineté de l’Etat tchèque. Un premier recours de cette nature a déjà été rejeté, mais la manœuvre a pour but de renvoyer à 6 mois la consultation populaire, c’est à dire au moment où les Conservateurs britanniques, dont on préjuge qu’ils seront alors au pouvoir, devraient initier un référendum sur l’opportunité du traité, comme ils en ont pris l’engagement auprès de leurs électeurs…

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