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La rage antirusse
| Nicolas Bonnal | La Tribune libre
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La campagne antirusse, qui frappait déjà Soljenitsyne, n’en finit plus. Tout le monde a pris parti pour la Georgie quand elle s’en est prise aux ossètes chers à Dumézil, et qu’elle battait le rappel des troupes de l’OTAN pour déclencher la prochaine guerre mondiale dont les néocons, qui ont ruiné leurs pays de Paris à Londres en passant par Washington se montrent si friands. Il faut taper sur l’Iran ou la Russie, peut-être un beau jour sur la Chine. Mais cette obsession antirusse devient insupportable, odieuse, permanente et bien sûr dangereuse. L’Amérique a pu impunément saccager le Panama, l’Amérique centrale, la Colombie, la Grenade, l’Irak, l’Afghanistan sans que personne n’ait le droit de rien dire. Et le journal le Monde a le culot imbécile de dire que la bourse russe a baissé et que c’est une punition. Peut-être, chers idiots du village médiatique, que le dollar n’a pas souffert de la politique des bushmen aux quatre coins de la planète ? Peut-être que la hausse du pétrole n’est pas une sanction directe ou indirecte de l’aventurisme politique de l’occident gesticulant et décadent ? Car s’il est une juste observation qu’un jour a faite Emmanuel Todd, c’est bien cette idée que la gesticulation militaire est une marque agonique. Harpagon comme de Funes s’agitent bien plus que des mômes. Je viens de voir la dernière mouture des X-Files, encore plus abject que les épisodes des années 90. Mais ce qu’on y trouve, ce sont des trafiquants russes d’organes américains que l’on va vendre sur le marché russe à Moscou… Les russes cannibales ? Allons bon… Le pays de Moussorgsky, de Pouchkine ou de l’immense Sokourov ramené à un petit bout de l’Afrique ? Mais jusqu’où n’ira-t-on pas ? On pourrait écrire un livre sur la russophobie hollywoodienne et le racisme russe de nos médias déchaînés depuis que ce n’est plus l’ivrogne Eltsine qui est aux commandes. Heureusement, les Allemands sont plus raisonnables, plus bismarckiens qu’hitlériens, allais-je dire. Le crépuscule occidental me fait penser au nain Grincheux. Il ne supporte plus rien, et cherche noise à tout le monde, au nom des droits de l’homme de mauvaise humeur. Et pourtant… comme le rappelle notre ami conservateur Pat Buchanan, la Russie n’a pas constitué après la Guerre Froide un cordon protecteur anti-américain avec le Mexique, le Guatemala, le Canada, les Bermudes et j’en passe… ce sont les Américains au contraire qui ont retourné tous les anciens alliés soviétiques pour constituer un encerclement de la Russie éternelle. La Pologne, la Tchéquie, les républiques baltes, autant de bases ou de lance-missiles contre les Russes, et ce sont eux que l’on accuse d’être les mauvais coucheurs ! La victime est le coupable ? L’encerclé est le menaçant ? Il faut revoir ses manuels de psychologie… et par ailleurs on se croirait toujours dans un manuel de géopolitique de McKinder. Le Heartland contre le Rimland… le centre contre la périphérie avec une seule menace, Superman contre le comte Zaroff et ses cosaques aux dents trop longues…La Géorgie membre de l’Otan ? Allons bon ! Et les kirghizes ! Et les tadjiks ! Et les extraterrestres ! Une politique startrekienne contre la Russie de Poutine, promue empire du mal pour l’éternité ! Dire que le vieux de Gaulle parlait de l’Europe de l’Atlantique à l’Oural, et que le grand Kerillis remarquait que la France perdait toutes ses guerres modernes chaque fois qu’elle se chamaillait avec la Russie… Alors que l’Amérique va devenir une terre à moitié ruinée (voir le classement Mercer des villes les plus chères du monde, les américaines sont presque toutes dernières, au niveau de Colombo, de Monterrey ou de Tunis), peuplée d’asiatiques de noirs et de 130 millions d’hispaniques, nous ne trouvons rien de mieux que de nous en prendre à la Russie, dernier pays blanc et éternel rempart de l’orient. Après tout si l’occident veut crever, c’est son affaire. Ce que je ne voudrais pas c’est que la géopolitique américaine mise au point par la sorcière Albright dans les années 90, qui n’a qu’une obsession, la destruction de la civilisation orthodoxe, n’aboutisse à une vraie crise cette fois, à côté de laquelle les génocides bienveillants de nos démocraties en perdition paraîtront des garden-parties.
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