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Euro Flash 22
| Jean-Claude Jézéquel | La Tribune libre
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ETAT DEFICITAIRE - SNCF EXCEDENTAIRE Actuellement, l’Etat compense le coût des tarifs « sociaux » de transport (familles nombreuses, congés annuels, trajets domicile - lieu de travail) par un versement annuel à la SNCF (70 millions d’euros sont prévus à cette fin en 2008). Trois millions de personnes bénéficient de la carte « famille nombreuse » avec réduction comprise entre 30 % et 75 %, selon le nombre d’enfants. La SNCF a réalisé en 2007, 1 Md de bénéfices. L’Etat lui demande de faire des efforts et des propositions. Voilà bientôt les entreprises de transport en charge de la politique familiale !
RENAULT A LA PEINE EN ROUMANIE : PETIT RETOUR DE BALANCIER Le tribunal de Pitesti, où se trouve le site industriel Dacia-Renault (au nord-ouest de Bucarest), a jugé légale la grève illimitée des ouvriers de cette usine, où l’on produit la « fameuse » Logan (235.000 véhicules en 2007). Selon Nicolae Pavelescu, leader syndical, 80 % du personnel y participent. C’est une revalorisation des salaires considérée comme inacceptable par la direction qui en est la cause. Le mouvement amorcé le 24 mars semble ne pas s’essouffler. Cette revalorisation des salaires attendue porte sur 550 lei (148 euros) contre 67 euros proposés par la direction de l’usine. Le salaire brut moyen chez Dacia est de 1.064 lei (285 euros), mais 2.500 employés, sans ancienneté, perçoivent des salaires qui ne dépassent pas les 780 lei bruts. Renault a investi 800 millions d’euros depuis la reprise de l’usine en 1999 et continue à y investir 200 millions d’euros par an, spéculant, en terme de retour d’investissement, sur un coût modeste de la main d’œuvre. Coup dur pour Renault avec un coût salarial plus dur demain… Alors que les groupes comme Michelin et Renault ont misé sur les délocalisations en Roumanie, le gouvernement de ce pays réfléchit sur les moyens de faire revenir les expatriés et de calmer l’hémorragie des départs (la Roumanie se vide de ses forces actives). Un groupe de travail interministériel doit se mettre en place afin de trouver des mesures incitatives pour parvenir à un résultat : aides au logement, formation et … augmentation des salaires de manière à réduire, voire à supprimer - pour certaines catégories de personnel et certains secteurs d’activités -, les écarts entre salaires proposés dans les pays importateurs de main d’œuvre et ceux à prévoir à brève échéance en Roumanie. Retour de balancier ?
En 2003, après une réduction des effectifs de 35.000 à 11.000 personnes, une grève avait été lancée, mais elle avait été déclarée illégale par le tribunal parce qu’elle ne réunissait pas plus de la moitié des salariés. Elle n’avait alors duré que trois jours. Aujourd’hui la direction de l’usine conteste le pourcentage déclaré de grévistes, qui « légalise » la grève, et affirme que le mouvement ne réunit que 49 % des salariés. Les juges sont peut-être sensibles aux vœux du gouvernement et il y a, à travers cette crise, un possible levier pour augmenter les salaires dans le pays avec ce qui pourrait devenir un « précédent ». Chez Dacia, actuellement, 80 % des 13.000 salariés sont syndiqués auprès du « SAD », unique organisation syndicale de la firme. Celui-ci semble avoir levé la tête et pourrait faire des émules.
SANTE AU TRAVAIL OU A L’EPREUVE ? Les députés européens se sont félicités de l’adoption de la stratégie communautaire 2007-2012 pour la santé et la sécurité au travail. (Résolution du 15 janvier dernier adoptée par 598 voix pour 20 contre et 23 abstentions), visant entre autres objectifs une réduction de 25 % le nombre d’accidents du travail. Toutefois, ils reprochent la frilosité de la Commission. Ainsi, les eurodéputés réclament des mesures plus concrètes (applicables et mesurables), l’adoption de textes plus contraignants, une meilleure prise en compte des maladies professionnelles et une meilleure prévention des risques. A cet égard, les parlementaires européens considèrent que la stratégie communautaire ne prend pas suffisamment en compte les risques émergents, dont les risques psychosociaux et les risques liés aux nanotechnologies (N&N). Le Parlement demande à la Commission de prendre l’initiative d’une directive pour prévenir les troubles musculo-squelettiques (TMS) et de modifier la directive 200/54/CE sur l’exposition à des agents biologiques au travail (contamination par le sang) dans les services de santé (hépatites B et C, VIH/Sida). Parmi ses requêtes, figure la nécessaire mise en place de plans nationaux de suppression progressive de l’amiante (intégrant l’obligation de cartographier le minerai dans les bâtiments et un désamiantage sécurisé).
ENTRE DESIR ET REALITE ! Un sondage récent d’Harris Interactive pour France 24 et le Herald Tribune, réalisé auprès d’un échantillon de 6.676 adultes de moins de 65 ans, retient l’âge souhaité contre l’âge estimé du départ à la retraite. Celui-ci conclut que les Allemands souhaiteraient (en moyenne) partir en retraite à 59,3 ans quand leur départ est estimé (en moyenne) à 67,2 ans, les Italiens, à 58,3 ans, pour un départ estimé à 66,1 ans, les Britanniques à 57,7 ans pour un départ estimé à 66 ans et les Français, 59,2 ans pour un départ estimé à 64,2 ans.
MIEUX VIVRE A DUBLIN, LES POLONAIS L’ONT BIEN COMPRIS L’Union des Banques suisses (UBS) a dressé le hit-parade des villes les plus chères du monde. C’est la ville d’Oslo qui a décroché la première place, devant Copenhague et Londres. Selon l’enquête réalisée dans 71 villes, celles de la zone euro sont devenues les plus chères. C’est en Suisse, à Zurich et à Genève, que le pouvoir d’achat est le plus élevé : en rapprochant revenu disponible aux prix (hors celui des loyers), les salariés s’en sortent mieux qu’à Dublin ou Luxembourg. Dublin reste toujours très attractive : « une heure de travail à Dublin procure 28 % de pouvoir d’achat de plus qu’Amsterdam ».
ISLAMISATION DE L’EUROPE : LA FIN D’UN MONDE Le Forum économique mondial vient de publier sa première enquête sur la perception réciproque des musulmans et de Occidentaux. Celle-ci, conduite en partenariat avec l’université américaine de Georgetown relève que pour plus d’un Européen sur deux, l’Islam représente une vraie menace. Les citoyens des pays mis en cause lors des dernières polémiques sur la liberté d’expression et l’Islam, sont particulièrement inquiets : 79 % des Danois, 67 % des Italiens et des Néerlandais, 68 % des Espagnols et 65 % des Suédois considèrent qu’une plus grande interaction entre l’Occident et le monde musulman constitue une menace, notamment pour leur identité culturelle. Les Danois, quant à eux, jugeaient que l’Islam était incompatible avec la démocratie pendant la crise des caricatures, en 2006. Au regard de pareil constat, certains dirigeants des Etats membres de l’UE veulent rassurer « ces inquiets » et donner des gages à l’Islam dit modéré. C’est ainsi que le ministre de l’Intérieur allemand, Wolgang Schaüble, vient de proposer l’introduction de cours de religion islamique, en allemand, dans les écoles afin de lutter contre le radicalisme, déclarant avec solennité « l’Islam fait partie intégrante de l’Allemagne et de l’Europe ». Le rapport souligne également que la représentativité des populations musulmanes s’améliore en Occident. Certains y voient un signe encourageant d’intégration, d’autres une menace : main tendue des dirigeants occidentaux aux musulmans, ou joue tendue ?
« FEMME D’ACIER » Emma Marcegaglia, 42 ans, est la nouvelle « patronne des patrons » en Italie, plébiscitée par ces derniers (95 % des voix de la base). Elle succède à Luca Di Montezemolo, le patron de la Fiat. En Italie, comme en France, le patronat a choisi d’être représenté par une femme. « Femme d’acier », à l’instar de la présidente du Medef en prise difficile avec le représentants patronaux de la métallurgie ? Le surnom de dame d’acier attribué à Emma Marcegaglia est à relier à sa position de PDG de l’entreprise familiale Marcegaglia, dont la métallurgie représente 83 % de l’activité, devant l’énergie, le bâtiment et le tourisme. Diplômée de l’université Bocconi de Milan, détentrice d’un master à la New York University, elle a commencé sa carrière dans la branche tourisme de l’entreprise familiale, puis s’est retournée vers la branche « acier », devenant co-PDG de Marcegoglia avec son frère, après avoir été présidente du groupement des Jeunes patrons. Cette femme au caractère bien trempé avait quitté la Confindustria, sur un désaccord avec son président, qui voulait abolir l’article 18 du statut des travailleurs qui interdit le licenciement sans motif, montrant alors son profil progressiste. Ce profil n’a pas échappé à Walter Veltroni, leader du Parti démocrate, ce dernier lui ayant proposé, sans résultat, une place de député au Parlement au nom du Centre-gauche.
BRUIT DE BOTTES ET BOURBIER AFGHAN Au 25 janvier 2008, selon une évaluation « interne » faite à l’Etat major des armées, le contingent français, tous corps confondus (troupes terrestres, aviation, marines et forces spéciales) comptait 2.180 militaires, puis 2.380 hommes, le 12 mars suivant. Le 2 avril dernier, lors du sommet de l’Otan à Bucarest, des suites de l’injonction de Robert Gates, le chef du Pentagone, ayant « exigé » de nouveaux efforts aux « Alliés », le Président français annonçait l’envoi de 700 soldats supplémentaires et des blindés dans l’Est de l’Afghanistan. A partir du mois d’août et durant une année, le commandement des troupes alliées dans la région de Kaboul reviendra à un général français. Il est décidé que la France enverra alors (discrètement) 300 officiers et membres des forces spéciales, et une cinquième équipe de 80 instructeurs (quatre opérant déjà dans l’armée afghane et participant aux combats). Cet été, 3.500 Français seront donc « au front », à la manœuvre.
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