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Euro flash 21
| Jean-Claude Jézéquel | La Tribune libre
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L’ANNONCE FAITE A LA REINE C’est au Royaume-Uni, dont il a loué avec solennité le modèle « qui l’inspire » désormais (omettant de parler de la France, de ses atouts, sinon techniques avec le nucléaire, et de ses valeurs), que le président français a réservé la primeur de l’information : l’envoi de 1.000 soldats supplémentaires en Afghanistan (2.000 + 1.000 = 3.000). Initiative « perso » sans débat public, sans égards pour les institutions, à commencer par l’Assemblée nationale (qui, reconnaissons-le toutefois, semble ignorer cette guerre), chez laquelle il a pris soin de pouvoir s’inviter désormais, sans que pour autant les pouvoirs de cette dernière aient été renforcés. Programme : des sonneries aux morts à venir, des hommages et des poignées de mains de réconfort d’un président « compassionnel » pour les familles. Pour ceux qui n’ont pas entendu Jean-Louis Georgelin, chef d’Etat-major des armées, ce dernier désapprouve l’envoi de renforts en Afghanistan et c’est en ces termes qu’il s’est exprimé récemment devant « son » état-major : « Comme je le répète depuis un moment, l’Afghanistan devient un merdier ingérable. Et nous n’avons aucun intérêt à nous y impliquer davantage »… Depuis 2003, le nombre de militaires alliés présents en Afghanistan a plus que quadruplé (environ 50.000 aujourd’hui). 70 % du territoire est aux mains des Talibans. Hopp Scheffer, secrétaire général de l’Otan, prévoit de combattre les insurgés jusqu’en 2013 au minimum. Par ailleurs, le président français aurait décidé de créer une petite base française à Abou Dhabi, à 200 km des côtes iraniennes (histoire, peut-être, de leur montrer davantage les dents !). Le président français, après avoir réuni un Conseil de défense, avait déclaré à la mi-juillet 2007 : « la France a décidé » un engagement supplémentaire dans cette guerre. Il donnait ainsi une suite rapide et favorable à la demande américaine formulée à la fin juin, de fournir un nouvel effort. Les hommes qui iront sur le front début mai seront « ponctionnés » dans la 11e brigade parachutiste, la 27e brigade de montagne et dans le régiment d’Olivet (blindés). S’ajouteront à ces derniers 200 à 250 hommes issus des « forces spéciales ».
VISAS Le Canada lève l’obligation de visa pour les ressortissants de Pologne, de Slovaquie, de Lituanie et de Hongrie souhaitant effectuer un séjour temporaire. L’obligation demeure pour la Bulgarie et la Roumanie. Le 1er mars dernier, Diane Finley, ministre de la citoyenneté et de l’immigration, a rappelé que le Canada « s’est engagé à permettre aux personnes de se déplacer librement et en toute sécurité entre l’UE et le Canada, et à dispenser du visa tous les Etats membres de l’UE ».
CHYPRE Demetris Christofias, le nouveau président chypriote, s’est dit, le mercredi 19 mars dernier, déterminé à trouver avec les Chypriotes turcs une solution au problème de l’île divisée depuis 1974. Rompant avec l’intransigeance de son prédécesseur, il a déclaré lors d’une réunion avec le dirigeant chypriote turc, Mehmet Ali Talat, que « Nous voulons une solution réalisable, le plus tôt possible ».
GARE AUX CHAUFFARDS EUROPEENS La Commission européenne s’était fixée en 2001 pour objectif de réduire de moitié la mortalité sur la route d’ici à 2010. Avec 47.000 tués aujourd’hui contre 27.000 prévus à terme, elle entend freiner les chauffards. L’excès de vitesse, le franchissement de feux rouges, le défaut de port de la ceinture de sécurité et la consommation d’alcool au volant, recouvre les infractions responsables à elles seules de 76 % des tués sur les routes. Celles-ci ne devraient plus rester impunies alors qu’actuellement, il suffit de passer la frontière pour échapper à la sanction. C’est pour s’attaquer à cette faille que Jacques Barrot, commissaire aux Transports, a présenté le 19 mars dernier un projet de directive visant à retrouver et condamner systématiquement les conducteurs qui commettraient des violations graves au code de la route dans un autre Etat membre. Retenons que seuls 7 Etats membres ont accepté de transposer une décision communautaire de 2005 visant à faire exécuter des sanctions pécuniaires transfrontalières, dont la France, mais aucun des voisins de cette dernière…
VIE POLITIQUE A L’ITALIENNE Les élections du 14 avril prochain devraient ramener Silvio Berlusconi au pouvoir. Celles-ci se feront sur fonds de lassitude tant l’opinion publique est sollicitée par des élections continues, des alternances rapides confortant « l’in gouvernabilité » du pays. L’Italie est néanmoins très politisée et se mobilise malgré tout. Bloquée par l’alternance « Prodi-Berlusconi » (gauche-droite), elle pourrait trouver de l’engouement pour une « troisième voie » que propose le maire de Rome, Walter Veltroni (centre gauche), ministre des Biens culturels dans le premier gouvernement Prodi, dont l’image devient omniprésente, en raison d’une campagne intense menée sur le thème : « le réformisme ne doit plus trouver son fondement dans l’idéologie ». Celui-ci plaide le pragmatisme à l’américaine. Le parti démocrate (qui n’existe pas encore dans les faits) n’est pas un parti auquel on doit s’identifier, mais un parti à même de gouverner en tendant à réduire les injustices : voilà le principe de « cette troisième voie ». Quant à ses chances, celles d’un renouveau démocratique, il les définit ainsi : « Deux choses sont sûres. Même si Berlusconi gagne, il est désormais un perdant. Et moi, même si je perds, je suis un gagnant » (pour les prochain scrutin ! ).
ALLEMAGNE : CROIX DE BOIS, CROIX DE FER … SI JE LA RESTAURE, JE VAIS EN ENFER Le mouvement pour la restauration de la Croix de fer, initié par des anciens combattants qui se sont illustrés sur le front de l’Est pendant la dernière guerre mondiale, n’a pas été fécondé. En effet, Franz Josef Jung, ministre de la Défense, a refusé catégoriquement de remettre à l’honneur cette décoration créée par la Prusse en 1813, lors de la guerre contre l’invasion napoléonienne, mais déshonorée par l’insertion d’une svastika (ou croix gammée) en son centre pendant sa dernière époque, celle du national-socialisme.
ISLAM : L’EUROPE DEFIEE Le chef d’al-Qaïda a prévenu les européens : « S’il n’y a pas de contrôle de votre liberté de parole, alors soyez prêts dans vos cœurs à la liberté de nos actes ».
KOSOVO La Croatie, la Hongrie et la Bulgarie, pays frontaliers de la Serbie, ont annoncé le 19 mars dernier leur reconnaissance du « nouvel Etat ». Slobodan Uzlac, représentant de la minorité serbe en Croatie a présenté aussitôt sa démission en guise de protestation. Le ministre des Affaires étrangères de Serbie, Vuk Jeremic, a affirmé que les Etats qui reconnaîtront l’indépendance du Kosovo ne pourront « pas compter de bonnes relations avec son pays ».
CHINOISERIES ET RECURRENTES PERTES DE FICHIERS AU ROYAUME-UNI La BBC a signalé le 28 mars dernier à la police la disparition de fichiers concernant les 400 employés qui seront dépêchés en Chine pour couvrir les jeux olympiques en août. La chaîne craint qu’ils n’aient été dérobés à des fins d’usurpations d’identités. Il pourrait y avoir d’autres « bonnes raisons ».
TURQUIE L’ambassadeur de France à Ankara a récemment adressé un télégramme alarmant au Quai d’Orsay. Selon lui, les entreprises françaises ne pourront pas compter sur les 5 Mds de contrats actuellement en discussion. Les contacts se poursuivraient à cet égard entre diplomates et conseillers des deux parties, les dirigeants turcs appréciant mal les positions prises par le président français à l’égard de leur pays. Quant à l’obligation de soumettre à un référendum obligatoire tout nouvel élargissement, concession faite par Jacques Chirac aux Français à qui ont donnerait ainsi le dernier mot à propos de la question brûlante de l’adhésion de la Turquie, Nicolas Sarkosy, suivant ainsi le secrétaire d’Etat aux affaires européennes, Jean-Pierre Jouyet, solliciteur de la suppression « du verrou référendaire » qui agace Bruxelles, tranche finalement pour son abandon à l’occasion de la prochaine réforme des institutions, lors du Congrès qui devrait se réunir le 7 juillet prochain ! La Cour constitutionnelle de Turquie devrait engager le 7 avril prochain l’examen de la procédure visant l’interdiction du Parti de la Justice et du développement (AKP) au pouvoir, selon une déclaration faite par son président le 27 mars dernier. Il est à noter que c’est de Turquie que viennent les mises en garde de la laïcité. Le procureur de la Cour de cassation turque, lui aussi, dénonce l’AKP, mouvement du premier ministre Erdogan, ainsi : « le parti en question aspire, à terme, à un système fondé sur la charia plutôt qu’à un état de droit ». Celui-ci soupçonne l’AKP, dont il demande l’interdiction, de vouloir s’attaquer à la République en « recourant au terrorisme » et en dissimulant ses intentions derrière un « islamisme modéré », mais de ce masque ou de ce faux nez, l’UE sait s’accommoder !
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