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Euro Flash 18
| Jean-Claude Jézéquel | La Tribune libre
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LA CHERE FABIOLA BEAUCOUP TROP CHERE L’augmentation des dotations royales belges (+ 6,4 %) a réveillé les polémiques et dopé les séparatistes, et l’attention est maintenant portée sur la liste civile dont bénéficie la veuve du roi Baudouin (décédé en 1993). Des élus flamands en appellent au Parlement fédéral pour qu’il mette fin à ce privilège en dénonçant la somme allouée à Fabiola : 1,47 millions d’euros, soit 500.000 euros de plus que le prince héritier, Philippe ! Un montant « scandaleux et hallucinant » pour le constitutionnaliste Marc Uytendael. Un ministre francophone, sous couvert d’anonymat, a renchéri dans l’hebdomadaire Le Soir magazine, en se demandant à quoi pouvait servir cet argent, sinon à embellir les propriétés de la reine en Espagne. Le palais royal justifie cette somme en rétorquant que 70 % de la dotation allouée à Fabiola sert à rétribuer son personnel et un peu moins de 6 % à couvrir les frais des voyages et visites officielles. Toutefois les explications ne semblent pas convaincre. Certains observent que les frais d’entretien et les dépenses d’énergie de son palais de Stuyvenberg payés, il resterait 200.000 euros pour nourrir et habiller chaque année la reine douairière, vieille dame retirée, solitaire et ascète. Fabiola a des biens en Espagne, dont deux résidences à entretenir. Dans un contexte délicat où le gouvernement de transition, dont on sait la fragilité, doit faire face au retour des déficits publics, le mouvement d’indignation ne peut laisser indifférent. Aussi, Didier Reynders, président du Mouvement réformateur (francophone) et ministre des Finances fédéral, préconise une limitation de la liste civile. A suivre…
L’ARCHEVEQUE DE CANTORBERY CHARRIE-T-IL ? Le révérend Rowan Williams, archevêque de Cantorbéry, chef de 77 millions d’anglicans dans le monde, contre (ou tout contre !) 1,2 milliard de musulmans, a suscité un relatif émoi le 7 février dernier en jugeant « inévitables » la reconnaissance et l’application en Grande-Bretagne de certaines dispositions de la « charia », la loi coranique. C’est lors d’une interview à la BBC, que le prélat a appelé à « un ajustement constructif » avec les traditions musulmanes dans certains domaines tels que les différends conjugaux, pour faciliter la cohésion sociale ! Il a ainsi « expliqué » que la Grande-Bretagne « devait accepter le fait que certains citoyens ne se sentent pas concernés par le droit britannique ». Le porte parole du gouvernement, interpellé pour réagir à ces propos, a sobrement répondu que le Premier ministre : « Considère que les lois britanniques doivent être fondées sur les valeurs britanniques ». On ne pouvait en attendre davantage dans un pays où la « grande » tradition de tolérance et le respect absolu de la liberté d’expression, conduisent au mélange des genres et aux positions ambiguës. Alors qu’à l’occasion des attentats de juillet 2005 (52 victimes), cette liberté absolue d’expression, laissée comme une arme entre les mains des islamistes les plus extrémistes, avait été mise en cause, le gouvernement d’aujourd’hui apparaît bien mièvre. Pour donner matière à sa défection sur le sujet, un rapport gouvernemental recommande de ne pas associer le terrorisme à l’Islam, de peur de provoquer l’opposition des musulmans britanniques. Dans cet esprit, nombre d’établissements scolaires britanniques ne veulent pas participer à de quelconques commémorations de la Shoah, au motif que les musulmans ne la reconnaissent pas, et que les parents des élèves musulmans pourraient s’en indigner ! A ce jour, le Royaume compte officiellement 1,8 millions de musulmans.
CONSTAT DE CARRENCES Très récemment, les journalistes de la chaîne britannique UKTV Gold n’ont pas eu à commenter (no comment !) la lecture d’un sondage effectué auprès de 3.000 de leurs compatriotes et ayant pour objet de tester leurs connaissances quant à l’histoire de leur pays, tant ses résultats sont navrants : 47 % des personnes interrogées sont persuadées que Richard Cœur de Lion (fils d’Henri II, 1157-1199, roi d’Angleterre de 1189 à 1199) est un héros de roman, un petit nombre répond que Winston Churchill est un personnage fictif, quand 23 % des sondés sont convaincus que Sherlock Holmes a bien existé !
BANLIEUES AUX BANS La question récurrente des banlieues et de leur avenir est à nouveau sous « les » feux. En termes d’agglomération, celles-ci recouvrent entre 17 à 20 millions d’habitants, dont environ 5 millions dans les zones urbaines sensibles (ZUS). Le diagnostic que brosse Brice Teinturier, directeur général adjoint de TNS-Sofres, le 15 février dans le quotidien Le Monde (Débats, Quel espoir les banlieues ?) révèle l’inquiétude et le scepticisme des Français qui, au regard des sondages, sont plus de 72 % à les exprimer. Si ces derniers ont le sentiment qu’il faut faire « quelque chose » pour remédier à une situation ressentie comme « très grave », il y a ce syndrome du puits sans fond qui les touche : on a mobilisé des moyens, « peut-être pas assez, mais quand même beaucoup », et il en ressort que la situation continue de s’aggraver. Ce constat est suivi d’une crainte : « que l’on déshabille Pierre pour habiller Paul » (ce ne sont pas les prénoms aujourd’hui les mieux adaptés au contexte !). On observe donc, présentement, des réticences : « les aider, oui, mais à condition qu’ils essaient de s’en sortir par elles-mêmes » (les banlieues). Les enquêtes en témoignent : l’objectif ultime, pour beaucoup de Français, c’est de se préserver d’une espèce de contamination, cette volonté s’est renforcée depuis les émeutes de l’automne 2005. Le président de la République dit vouloir réformer les dotations de solidarité et les programmer dans la prochaine loi de finances (sujet à traiter après les municipales !), car, selon les termes de Fadela Amara, secrétaire d’Etat à la Ville, « on ne peut gérer des villes pauvres comme des villes qui ont des pauvres ». L’option sécuritaire (sécuriser les quartiers et en faire sortir l’économie mafieuse) est un point fort de la politique à mener, qui trouverait ses moyens dans le déploiement de 4.000 policiers supplémentaires, le désenclavement en est un autre, et la mixité sociale est un de ses outils, mais porteur aussi d’un risque potentiel : la mise en place d’enclaves des quartiers sensibles à la démographie galopante au sein de villes épargnées ou relativement épargnées par les faits de délinquance, donc des points de contamination possible…
CO2 Selon les données officielles, 46.800 voitures ont été brûlées en France en 2007, contre 72.900 en Angleterre + Pays de Galles, et 280.000 aux Etats-Unis.
L’IMMOBILIER DE PRESTIGE EN FRANCE : LES BRITANNIQUES, ACHETEURS COMPULSIFS Si les acheteurs étrangers font exploser le coût de l’immobilier de prestige à Paris, dans les stations des Alpes (les Saoudiens à Courchevel …), et sur la Côte d’Azur, ce sont les Britanniques qui s’avèrent être les plus nombreux, représentant à eux seuls 60 % de l’ensemble, loin devant les Russes, qui font par contre les acquisitions les plus remarquées. Le classement des notaires pour les maisons anciennes fait état de 64 % d’acheteurs étrangers à Saint-Jean-Cap-Ferrat et de 58 % à Chamonix.
KOSOVO L’on « attend » une déclaration imminente d’indépendance unilatérale du Kosovo : la date du 17 février est sur nombre de lèvres. Celle-ci serait alors reconnue spontanément par une centaine de pays, dont les Etats-Unis et la majorité des pays de l’Union européenne. Tout le monde a le droit à l’erreur, mais ici, elle pourrait être majeure. L’on attend déjà des troubles dans le nord de la province, où vit une forte minorité serbe. Quid des effets de cette situation ? Peut-être de nouvelles vocations à l’indépendance de fractions d’Etats « historiques » et la naissance d’une nouvelle jurisprudence internationale ! La situation au Kosovo est le fruit de l’intrusion progressive d’une population albanaise à forte démographie, attachée à ses traditions religieuses et guerrières. Seule la Russie, proserbe par affinités, inquiète quant aux effets de ce précédent chez elle, entend ne pas laisser ce petit avorton d’Etat accéder à l’ONU. Le Kosovo, rappelons-le, est le sanctuaire de la Serbie, sous tension depuis 1987, sous protectorat de l’OTAN depuis huit ans, dont le bilan n’est guère flatteur (exode de Serbes et des Roms soumis à la pression albanaise, à la pression « des événements », dirait-on en termes diplomatiques, entre autres constats), laissant la place aujourd’hui à une tutelle européenne. La faillite du Kosovo est totale : mise à mal de son patrimoine historique, matériel et moral, une justice délitée, un économie ruinée, une situation sociale catastrophique, et très rapidement une population albanaise qui n’acceptera aucune présence étrangère ou un quelconque encadrement à court terme !
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