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Euroflash mai 2009 (bis)
| Jean-Claude Jézéquel | La Tribune libre
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DENATIONALISATION EN ESPAGNE Patxi Lopez, bientôt 50 ans, socialiste, nouveau Président (Iehendakari) de la région basque, est le premier « non-nationaliste » à diriger la province, ce qui annoncerait une révolution culturelle. Pourtant, à l’issue du scrutin du 1er mars, le PNV (Parti Nationaliste Basque) disposait de 30 députés, demeurant ainsi le premier parti au Parlement de Vitoria, mais Patxi Lopez a pu compter, en sus des 25 députés socialistes, de l’appui (surprenant) des 13 élus du Parti populaire (droite), parti d’opposition au gouvernement actuel. Cette alliance a priori contre nature trouverait sa raison dans la défense de la pluralité du Pays basque conte le « nationalisme obligatoire », le Parti populaire ne faisant pas partie du nouveau gouvernement basque.
MENACES TERRORISTES Y a-t-il un lien de cause à effet entre l’arrivée d’un non-nationaliste à la présidence du pays basque espagnol ou bien les dernières arrestations de membres de l’E.T.A. et les menaces de celle-ci quand cette dernière annonçait hier, 25 mai, la préparation d’une nouvelle campagne de violence « plus efficace » à partir de l’été ?
WE ARE NATIONS OF EUROPE. GOOD BYE SPAIN ! L’ESPAGNE : COMBIEN DE DIVISIONS ? Le 13 mai dernier, au stade Mestalla de Valence qui réunissait 50.000 spectateurs venus suivre la finale de la Coupe d’Espagne de football entre l’Athletic de Bilbao et le Barça FC Barcelone, l’hymne national espagnol (la Marche royale) a été couvert par une formidable vague de huées et de sifflets et le couple royal a été vivement conspué. Celui-ci a reçu ce gigantesque camouflet alors qu’il se trouvait débout dans la tribune d’honneur. Peu de temps avant, déjà, la police avait retiré une énorme toile rouge déployée du haut du premier étage de gradins du stade sur lequel avait été peint en lettres blanches : « We are nations of Europe. Good-bye Pain ». L’Espagne, « combien de divisions » ? Faut-il voir dans cet événement sur fond de crise économique, et peut-être bientôt morale et identitaire, le signe de fragmentations à venir ? La couronne qui symbolise l’unité espagnole est de moins en moins respectée. Et l’initiative de la chaîne de télévision publique TVE consistant à occulter le tumulte par la censure alors que les radios commentaient en direct les faits - dont Cadera Ser, la radio privée la plus écoutée, déclarant quant à elle que l’hymne national était alors « le plus sifflé de l’histoire » - a suscité un émoi et un scandale qui a conduit d’abord à la destitution le Directeur des sports, puis ensuite et surtout à décrédibiliser tant les médias publics espagnols qu’une institution royale surprotégée. El Mundo par la déclaration prophétique d’un éditorialiste s’est montré inquiet quant aux risques de désagrégation du pays : « Les sifflets avec lesquels des dizaines de milliers de supporters de l’Athletic et du Barça on accueilli hier au stade Mestalla le roi et l’hymne national… révèlent un problème de fond qu’on ne résout évidemment pas en l’occultant… Il est clair qu’existe le danger (d’une fracture de l’Espagne) et qu’il faudra l’affronter ». Avant la finale, Joan Laporta, le président du FC Barcelone avait présenté le match entre équipes de deux « pays »…
LE MINISTRE ALLEMAND DES FINANCES N’EST PAS UN POETE Perr Steinbrük, le ministre allemand des Finances, celui qui tança le président français pour son manque de rigueur financière en 2007, n’est pas un poète comme son homologue française et ne cherche pas comme cette dernière à faire rêver pour engendrer la confiance, levier ou « bâton magique » de la croissance. Il ne ménage pas ses concitoyens, prenant d’ailleurs un léger plaisir quant au choix de formules à l’emporte pièce pour leur parler d’un avenir sombre : baisse de la croissance de 6 % cette année contre 5,6 % pour le FMI, 10 % de chômage l’an prochain.
CRUCIFIES : TRAGIQUE IRLANDE Un rapport de 2.500 pages portant sur la maltraitance infligée aux jeunes pensionnaires d’institutions catholiques par des prêtres et des moines, a été rendu public le mercredi 20 mai. L’enquête diligentée par le gouvernement de Dublin en 2000 a été menée auprès de 1.090 hommes et femmes issus d’orphelinats, d’écoles techniques, mais aussi de foyers et d’hôpitaux qui furent aux mains des religieux mis en cause, soit 216 institutions. Elle met en évidence les châtiments corporels chroniques et les agressions sexuelles récurrentes dont les jeunes garçons étaient prioritairement les victimes. Ainsi le rapport relève que dans ces institutions « un climat de peur, créé par des sanctions omniprésentes, excessives et arbitraires, s’est propagé à la majeure partie des institutions, en tout cas à toutes les institutions de garçons » et que « les enfants vivaient dans un climat de terreur quotidien, en se demandant d’où viendraient les prochains coups ». Les sévices, coups et viols, ont couvert plusieurs décennies, de 1936 aux années 1990, années de fermeture des institutions incriminées. Le rapport insiste sur la déférence du ministère de l’éducation à l’adresse de celles-ci et sur son incapacité à faire cesser ces pratiques barbares. Selon une victime, Tom Sweeney, qui a passé plusieurs années à l’école technique d’Artane, les ressortissants de celle-ci ne sont jamais remis et nombre d’entre eux se sont suicidés. Les abus n’auraient été connus que des institutions elles-mêmes qui recouraient quand ils étaient dénoncés ou trop connus à leurs seules procédures disciplinaires internes et à la loi canonique, la Gardai (la police) prétendant n’en avoir jamais rien su. Un organisme mis en place parallèlement à la commission d’enquête a déjà versé près d’un milliard d’euros en dédommagement des 12.500 victimes qui se sont manifestées sur les 14.500 victimes potentielles. Le primat d’Irlande a exprimé sa « honte extrême ». Pouvait-on imaginer ce que pouvaient cacher les paisibles collines vertes d’Irlande ?
MAUVAIS ELEVE REDOUBLERA À LA TÊTE DE LA COMMISSION APRES LE 7 JUIN A l’approche du scrutin du 7 juin, José Manuel Barroso, 53 ans, président en exercice de la Commission européenne, est la cible de nombre de détracteurs : trop libéral, trop suiviste, transparent, absent, une girouette pour Daniel Cohn-Bendit qui fait campagne contre lui (« Stop Barroso »). Le président français aussi, qui s’était toutefois déclaré publiquement satisfait de son travail en mars dernier, lui a reproché d’avoir été « totalement absent du G20 ». Barroso, arrivé grâce à Tony Blair en 2004, est celui qui organisa le sommet des Açores, réunissant George Bush, Tony Blair et José Maria Aznar en 2003 pour soutenir la guerre en Irak. Peu connu, il convient de rappeler l’histoire de sa carrière. De l’extrême gauche, issu d’une mouvance « maoïste » où il fit ses classes lors de la Révolution des Oeillets (l’époque était particulière), il alla rejoindre le Parti social-démocrate de centre-droit qui l’a porté aux sommets : secrétaire d’Etat à l’Intérieur à 29 ans, secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères à 31 ans puis ministre en titre à 36 ans. Après l’effondrement du régime de Salazar, l’époque était propice aux carrières politiques fulgurantes. Aujourd’hui décrié, certains (dont le PS français) lui opposent comme successeur le Danois Poul Nyrup Rasmussen, d’autres le Belge Guy Verhofstadt ou l’Italien Mario Monti, d’autres encore l’inconsistant Michel Barnier (!), mais il devrait vraisemblablement se succéder à lui même : les mauvais élèves redoublent.
QUAND L’EUROPE SUBVIENT À LEURS BESOINS La « bienheureuse reine d’Angleterre », vaillante pour son âge, près de ses deniers selon ce qu’en a toujours rapporté la presse, l’un des premières fortunes de son royaume avec un patrimoine (sous-) évalué à 270 millions de £, a perçu 533.000 euros de subventions agricoles en 2008 pour sa ferme de Sandringham, quand son fils, le prince Charles, lui a reçu 210.000 euros, et que le duc de Westminster, la troisième personne la plus riche du Royaume derrière l’indien Lakshmi Mittal et le russe Roman Abramovich, a perçu quant à lui 546.000 euros au même titre.
TESTONS LEUR RESISTANCES SANS LES FROISSER A l’instar des banques américaines dont on a publié récemment les résultats de stress tests (tests de résistance), les banques européennes vont « se plier » gentiment à cet exercice nécessaire. En effet, le 12 mai dernier, lors d’une conférence de presse, Marek Belka, le directeur du département « Europe » du FMI, a déclaré que « les pouvoirs publics européens doivent soumettre les institutions financières à des tests de résistance réguliers et les forcer à reconnaître leurs pertes et à se recapitaliser le cas échéant ». Notons que les stress tests sur 19 des plus grandes banques américaines ont été lancés au début de cette année par le gouvernement américain sous l’égide de la FED (Réserve Fédérale). L’objectif était de déterminer le niveau de fonds propres nécessaires pour couvrir les pertes envisageables sur les deux ans à venir. Elle serait globalement de l’ordre de 600 Mds de $. Sur ces 19 banques, 10 ne seraient pas en mesure de survivre en cas d’aggravation de la crise, les 9 autres ayant été jugées par contre à même de faire face à un « scénario catastrophe ». Si ces résultats publiés ont fait l’objet d’une polémique quant à leur crédibilité, ils ont pu rassurer les investisseurs. Aussi, l’UE vient d’annoncer qu’elle va aussi mener ces fameux tests de résistance sur l’ensemble de son secteur bancaire très prochainement. Ceux-ci devraient être conduits par les autorités nationales de supervision bancaire dans chacun des Etats membres. La seule autorité de supervision bancaire au niveau européen est le CEBS (Comité européen des superviseurs bancaires), fondé par l’UE en 2004 et domicilié à Londres. La Commission européenne, qui s’est déclarée devoir réfléchir sur les propositions à mettre en œuvre, doit en débattre en cette fin de mois de mai. Faiblesse du dispositif européen repéré : contrairement à la politique américaine en la matière, l’exercice ne sera pas mené sur toutes les banques mais sur un « échantillon de banques systémiques représentatives ». Les résultats, sous forme agrégée et non banque par banque, feront l’objet d’une présentation aux ministres des Finances lors du Conseil Ecofin fin septembre 2009. Par ailleurs, autre faiblesse acceptée par l’UE : les capitaux supplémentaires nécessaires pour la survie de la banque en cas d’aggravation de la crise ne seront pas déterminés. Notons enfin qu’il n’est pas certain que la méthode employée et ses résultats soient rendus publics…
BANALITES : L’UNION FAIT LA FORCE… Selon un sondage Gallup publié le lundi 25 mai dernier, 78 % des Français considèrent que la construction européenne les rend plus forts face au reste du monde et 61 % que l’intégration à l’UE est un atout face à la crise. Toutefois 84 % des personnes interrogées souhaitent qu’elle joue un rôle plus important dans la lutte contre celle-ci et 49 % rendent responsable l’Europe de la hausse des prix.
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