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Dépistages
| Jean-Claude Jézéquel | La Tribune libre
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J’avais perdu l’envie d’ajouter mon mot à la médiatisation d’événements qui me touchaient, exercice dont on pouvait croire qu’il avait pour dessein de me donner une quelconque importance, à laquelle je ne prétendais pas, d’ailleurs, et puis voilà que mes démangeaisons reviennent ! Agacé ici, irrité là, je prends à nouveau le parti de réagir avec mes billets d’humeur…
De l’Identité française… Identité française : carte d’identité et passeport français : voilà ce qui atteste de l’identité française. Quel débat ? Pour être français, il suffit de naître tout simplement en territoire français ou, si l’on ne naît pas Français, de se trouver parmi les 110 000 personnes naturalisées chaque année. Le principe de l’identité française se résume au seul droit du sol et cette aberration devrait suffire pour clore ici le débat, exercice diligenté de plus à l’initiative des préfets, qui ne sont pas les mieux placés pour animer un débat philosophique. La réflexion sur l’identité française pourrait se limiter au seul examen des critères d’attribution de celle-ci. Mais au fait ! Et la double nationalité ? Voilà qui devrait interpeller, et cela ne le fait pas ! Quid de l’identité française quand on dispose de la double nationalité ? Voilà peut-être ici l’objet d’un débat pertinent ! Comment disposer de deux identités nationales quand la première pourrait s’opposer à la seconde, en cas de conflits guerriers ou autres ? Le principe de la double identité n’est-il pas une aberration en soi ! Les deux nationalités s’ajoutent-elles ou se mélangent-elles dans l’esprit de leurs bénéficiaires ? Et qu’advient-il du principe d’égalité quand les concitoyens de ces derniers n’ont, quant à eux, qu’une nationalité ? Laissons-nous entraîner par l’absurde : et pourquoi pas deux demies nationalités pour les uns en lieu et place d’une seule nationalité pour les autres, et des demies voix lors des scrutins nationaux ? Deux citoyens dans un seul et même individu ! Il doit bien y avoir un moment où celui-ci est l’un plus que l’autre. Risquons un classement pour ces deux nationalités : la citoyenneté française pour ce qu’elle vous apporte en moyens et considérations, l’autre, la citoyenneté d’héritage et de cœur, que l’on ne saurait trahir. La nationalité française pour l’aide et l’assistance, l’autre pour maintenir sa différence culturelle, confessionnelle, existentielle… Osons : Identitaire… Alors ! « L’identité française » ? Encore un débat mal engagé, susceptible de heurter les sensibilités, d’opposer les bons et les mauvais français, encore un procès « voilé » fait à l’Islam, pourtant deuxième religion « des Français » : toujours les mêmes litanies et les mêmes contournements des sujets que l’on ne veut pas aborder. Mièvreries et hypocrisies habituelles. Débat politicien à but politicien, débat d’intellectuels pour intellectuels, mises en cause des uns par les autres, dérives, dérapages. Ce n’est pas le moment : Ce n’est jamais le moment… Il n’est jamais bon de dire les choses : « voilons-nous donc la face »… - Lui : «Mais c’est de la question des devoirs des Français, de quelques origines qu’ils soient, dont il aurait dû être seulement question ! » - Eux : « Des devoirs, fichtre, vous voulez encore ‘’les’’ stigmatiser ! » - Lui : « Mais aujourd’hui comme hier, partout et de tous temps, l’individu admis au sein d’une famille, d’une association, d’une société, a pour premier devoir de se conformer à ses règles, à ses usages et à ses principes ! » - Eux : « Vous voulez vraiment les stigmatiser ! Vous dis-je ! Allez, présentez vos excuses ! Le Président a déjà commencé à présenter les siennes dans les pages du journal Le Monde, et surtout… n’y revenez pas ! »
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