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Euroflash 65
| Jean-Claude Jézéquel | La Tribune libre
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PORTRAIT (SANS VITRIOL) D’UNE LADY Le 12 janvier dernier, coincée dans un tailleur gris à revers noirs de facture très (très) britannique, Lady Ashton, la « Haute représentante » de la Commission européenne pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, a ouvert le bal des auditions des commissaires européens. Elle s’est exprimée pendant 3 heures sur un ton monocorde. Son propos, addition de lieux communs, de formules creuses et de vœux pieux comme celui de « promouvoir la paix », d’une part, énoncé des moyens à mettre en œuvre pour y parvenir, comme l’usage d’une « diplomatie discrète » par exemple, d’autre part (si l’on fait l’effort a posteriori de donner un plan à celui-ci), avait déjà épuisé nerveusement au bout de deux heures les vice-présidents français de la commission des Affaires étrangères, l’impatient Jean-Louis Mélanchon (Gauche) - proie perpétuelle de démangeaisons de toutes natures, que tout agace enfin -, et l’aseptique Dominique Baudis (Droite). Ces derniers n’ont donc pas attendu la fin de l’audition pour sortir ensemble de l’hémicycle, en faisant le bruit qu’il faut pour retenir l’attention ou l’intérêt des journalistes venus nombreux pour suivre la prestation de la « Haute représentante ». Pendant celle-ci, à la question de savoir qui devait représenter l’Europe auprès de l’ONU, « Cathy » répondit que c’était le président Van Rompuy, alors que le traité de Lisbonne désigne la ou le titulaire de sa fonction ! Alors, à qui donc a-t-on affaire ? Une écervelée comme le prétendent certains de ses détracteurs ou à une femme particulièrement intelligente à même de dénouer des affaires ou des situations particulièrement complexes, conviviale et toujours de bonne humeur par ailleurs, qu’Angela Merkel qui lui « claque la bise » trouve bien à sa place ? Essayons d’abord de la présenter sommairement, l’avenir nous amènera à l’investir autrement. 1m 67 (5’ 5 ½ ‘’), née le 20 mars 1956 à Upholland dans le Lancashire, Catherine Margaret Ashton est mère de deux enfants. Petite fille de mineur, elle serait la première de sa famille à avoir fait des études (Economie et Sociologie à la London University). Elle aurait des origines françaises du côté paternel (Courtenay). Son mari, Peter Kerliner, né en 1946, aurait été le premier surpris par sa dernière nomination et, en l’apprenant, il aurait alors pensé spontanément à son père, un juif autrichien qui, après la nuit de Cristal, avait rejoint les troupes britanniques en Palestine pour combattre les Allemands, avant de devenir par la suite sujet britannique. Baronne Ashton oh Upholland depuis 1999, elle doit sa noblesse personnelle à l’entremise de Tony Blair, qui comptait sur sa voix et son ascendance à la chambre de Lords pour faire admettre à cette dernière ses positions en matière de politique européenne. Militante du Mouvement pour le désarmement nucléaire, elle y prendra des responsabilités de 1977 à 1979, dont celle de trésorière, ce qui lui vaut aujourd’hui de se faire interpeller sur l’origine des fonds dont bénéficiait son mouvement, quand à cette époque la provenance de 40 % de ceux-ci n’étaient pas connus, laissant à penser au soutien occulte de l’ex-URSS ! Secrétaire d’Etat au sein du gouvernement de Tony Blair de 2004 à 2007, elle fut désignée ensuite par Gordon Brown pour remplacer Peter Mandelson (nommé ministre du Commerce et toujours en fonction au sein du gouvernement britannique actuel) au poste de commissaire européen au Commerce, nous connaissons la suite…
HAÏTI ET BRUXELLES Lors d’un déjeuner de presse, le 20 janvier dernier, Michel Barnier aurait implicitement critiqué Catherine Ashton à qui il a été reproché, par ailleurs, de ne pas s’être rendue spontanément à Haïti pour souligner le soutien européen aux victimes alors qu’une polémique prenait corps autour « de la main mise américaine » lors de l’organisation des secours en Haïti, en faisant remarquer que « lui » s’était rendu dès le lendemain auprès des victimes du Tsunami en Asie fin 2004. A l’occasion de ce même déjeuner, il déclarait qu’une fois calé dans sa fonction il surveillerait de près la politique étrangère du bloc communautaire. Le 22 janvier il assurait Catherine Ashton de son soutien et la dédouanait auprès de Reuters (Ce serait typiquement « du Barnier », perfide mais inoffensif, selon ses futurs biographes). En fait, c’est José Barroso, le président de la Commission, qui aurait dissuadé Catherine Ashton (à qui cela convenait sans doute) de se rendre en Haïti, préférant y dépêcher Karel de Gucht, commissaire en charge de l’aide au développement. Certains voient dans l’attitude du Président de la Commission une stratégie de division pour mieux « régner ». Afin de comprendre ce que ces mises en cause recouvrent, il convient de souligner que l’UE est plus gros contributeur de l’aide humanitaire en Haïti, les « 27 » versant ensemble 430 millions d’euros, contre 120 millions pour les Etats-Unis. Mise en cause sur sa passivité lors du retentissement du séisme, Catherine Ashton a déclaré « Je ne suis pas docteur, je ne suis pas pompier » pour se défendre, ajoutant qu’elle se refusait au « tourisme du désastre », quand sa nouvelle fonction consiste à cordonner la « gestion de crise » et à porter « d’une seule voix » la parole européenne à l’endroit même des crises ou des drames. Il faut aussi noter que le déplacement des personnalités sur les lieux de la catastrophe emploie pour assurer leur sécurité des forces plus utiles à l’aide aux victimes, c’est ce qui avait été objecté quand la rumeur laissait entendre que le président de la République française entendait se rendre spontanément en Haïti. Notons, quand même, qu’il a fallu attendre le 25 janvier pour que les 27 ministres de Affaires étrangères se réunissent en sa présence et ressortent ensemble des archives la « Force européenne rapide de réaction humanitaire », que Michel Barnier, devenu commissaire européen, avait voulu relancer en 2006 avec le soutien du gouvernement français, rencontrant alors le refus du Royaume-Uni.
VENDU OU ACHETE Gerhard Schröder(1) qualifié en Allemagne de Kapitalknecht (valet du capital) vend des entreprises allemandes en Iran, à Téhéran en particulier, et le 21 février dernier, alors que l’Iran et les Occidentaux s’affrontent toujours sur le dossier nucléaire, il serrait avec chaleur la main du président Ahmadinejad, qui le recevait, tout sourire, « salissant (ainsi) l’image de son pays », selon Stephan Kramer, porte parole et secrétaire général du Conseil des Juifs d’Allemagne. Les Allemands ne veulent plus entendre parler de leur ancien Chancelier et de son affairisme, et en premier lieu les membres de son parti, le SPD, qui considèrent leur ancien leader comme une « punition ». Ils n’oublient pas que ce dernier porte toujours un titre officiel, celui de chancelier hors fonction, et qu’en vertu de celui-ci il bénéficie d’important privilèges liés à son rang : des bureaux sur un demi-étage dans les locaux du Parlement, six collaborateurs et une voiture avec chauffeur, alors que la somme de ses retraites publiques (de chancelier, de député et de ministre président de Basse-Saxe) dépasse les 20.000 euros par mois. Ils n’oublient pas non plus que trois semaines seulement après avoir quitté le pouvoir, en décembre 2005, il fut nommé par le Kremlin, via son ami, « son frère », W. Poutine, président du consortium Nord Stream, chargé de construire le gazoduc qui contournera l’Ukraine, avec un salaire annuel de 250.000 euros. Ils ont appris qu’en janvier 2009, il avait été nommé membre du directoire du groupe russo-britannique TNK-BP avec un revenu de 200.000 euros par an. Et ses affaires ne s’arrêtent aujourd’hui pas là ! Après Tony Blair et Gerhard Schröder, qui sera futur ex-chef d’Etat européen qui embrassera goulûment les « affaires » et vendra son âme, si ce n’est déjà fait, « à l’apatride grand capital », indifférent à toute étique et aux frontières ?
Note (1) l’ex-chancelier et ancien leader du SPD Gerhard Fritz Kurt Shröder, est né le 4/4/1944 à Mossember (arr. de Lipe, en Rhénanie du Nord). Orphelin de père, celui-ci ayant été tué en Roumanie à la fin de la guerre, il eut une enfance, dit-on difficile et pauvre. Il fit néanmoins des études et embrassa une carrière d’avocat avant de s’investir totalement en politique. Il est l’homonyme de Gehard Schröder, homme politique allemand, membre influent de la CDU, né le 1er/9/1910 à Sarrebruck et décédé le 31/12/1898, ministre, artisan du rapprochement de l’Allemagne avec les Etats-Unis, candidat malheureux à la Chancellerie fédérale et à l’élection présidentielle de 1969.
ALLEZ ! UN PETIT COUP D’ŒIL DU CÔTE DE L’AFGHANISTAN ! Le 28 janvier dernier, lors de la conférence internationale sur l’Afghanistan (environ 60 pays représentés), les Etats-Unis ont « vendu » leur prochain programme : 1. acheter les « bons talibans » (360 millions d’euros tout de suite : le New York Times évalue à 1 milliard de $ l’effort financier nécessaire pour « convaincre » une partie des talibans à « regagner » la vie civile) pour les couper d’Al-Qaida(1) ; 2. renforcer la pression militaire avec, tout d’abord, l’envoi de 30.000 soldats américains en renfort, avant un retrait progressif hypothétique dès juillet 2011 ; 3. le concours des Européens avec l’envoi de contingents armés supplémentaires. A propos du dernier point de ce programme, les ministres de la Défense de l’UE avanceront leur aide militaire chiffré les 4 et 5 février prochains au quartier général de l’Otan, à Mons en Belgique. L’Allemagne a promis l’envoi de 850 soldats supplémentaires, la Roumanie de 600… Le commandant suprême des forces en Europe, l’amiral américain James Stavridis, réclame quant à lui l’envoi de 1.300 à 2.000 instructeurs supplémentaires auprès de l’armée et de la police afghanes. Pour répondre à cette demande, des officiers et sous-officiers français rejoindront prochainement leurs frères d’armes (les 500 instructeurs déjà sur place), si l’on en croit les propos prêtés au général Georgelin qui aurait répondu ainsi rapidement à l’invitation de son collègue américain. Les instructeurs s’avèrent être aussi exposés que les autres militaires, sinon plus. Ce sont effectivement eux, en conseillant les unités afghanes dans leurs missions, qui se trouvent être - de fait - à l’initiative des opérations, et qui sollicitent le concours de l’intervention des blindés et de l’aviation, quand les circonstances paraissent l’imposer. Les trois Français récemment tués au combat en Afghanistan étaient des instructeurs… Saluons le sens de l’ironie cachée de l’inimitable porteur de sacs de riz, Bernard Kouchner, ministre d’apparat des Affaires étrangères quand il déclare avec l’accent de sincérité qu’on lui connaît « Le Président a décidé de ne pas augmenter le nombre de nos forces combattantes ».
Note (1) Un adage picard dit : « bouchée avalée n’a plus de goût » : alors, que feront-ils après avoir empoché la prime d’encouragement à la « bonne conduite » ?
« 67 » : QUI DIT MIEUX ? Alors qu’un Espagnol sur deux travaille, que le taux de chômage officiel est de 19 % et +, que le déficit budgétaire est aujourd’hui de 11,4 % du PIB, le gouvernement a arrêté son « premier » plan d’austérité. Première mesure : la retraite. À partir de 2013, l’âge minimal de mise à la retraite passera progressivement de 65 à 67 ans.
EURONEWS AU SERVICE La première chaîne d’information européenne, domiciliée à Lyon, intègre la Turquie au sein de l’UE et s’en félicite. Via le satellite ou le câble, elle s’invite désormais chez 300 millions de foyers dans 151 pays, en s’exprimant dans nombre de langues, dont l’anglais, l’italien, l’espagnol, l’allemand, l’arabe, le russe et, depuis le 30 janvier dernier, le turc. Cette chaîne « fonctionne » avec 180 journalistes de 20 nationalités et « livre » une information brute, sans débat ni plateau. Elle coûterait moins de 2 millions d’euros au contribuable français via France Télévisions, actionnaire historique comme la RAI et des télés publiques espagnole, suisse et russe. Aujourd’hui, alors que l’Allemagne n’entend pas investir davantage chez ce média, la Radio-Télévision turque détient 16 % du capital d’Euronews et lors de la cérémonie de lancement du service en turc, l’ombrageux et arrogant premier ministre ottoman, Recep Erdogan, a saisi l’occasion pour s’en prendre à l’Allemagne et à la France qui freinent « le rêve de son pays depuis un demi-siècle », mettant plus particulièrement en cause la résistance du président français à une adhésion sans laquelle « l’Union européenne serait incomplète », car rajouta-t-il, « l’Union européenne n’est pas un club chrétien ».
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