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Mercredi, 5 Avril 2006
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« En édition, il ne faut pas confondre “spécialisation” et “ghettoïsation” »
Les entretiens de Philippe Randa
propos recueillis par Pierre-Marie Le Diberder
(octobre 2005)



La Librairie nationale (ex-L’Æncre) connaît de grosses difficultés après plusieurs années d’existence. Quel est votre sentiment ?
La situation difficile de cette librairie me touche sentimentalement car j’en avais été un des fondateurs en 1995. Je l’avais quittée ensuite pour me consacrer à l’édition ; il est évident que la situation des « petites » librairies n’est pas facile à notre époque. Il faut beaucoup de rigueur dans leur gestion et une grande faculté d’adaptation. Un excellent article de la revue Lectures françaises alertait ses lecteurs en juin dernier sur la diffusion des livres en France : « Selon les études spécialisées, il ne reste plus qu’environ un quart du marché global entre les mains des libraires indépendants (…) En une quarantaine d’années, on a assisté à la mise en place, puis au développement de magasins multimédias patronnés par des grandes entreprises (qui) bien entendu (se cantonnent) dans le commercial et le politiquement correct. Sur les questions sensibles, il est très rare de trouver dans les rayonnages des livres non-conformistes. Et pendant ce temps-là, les authentiques libraires se débattent dans des difficultés financières presqu’insurmontables car, pour SATISFAIRE LEUR CLIENTÈLE ET RESPECTER LA DÉONTOLOGIE DE LEUR PROFESSION, ils maintiennent en permanence dans leurs stocks, des quantités de livres dont ne se vendent qu’un ou deux exemplaires par an ! »
Et l’auteur de cet article concluait : « Lorsque ces libraires indépendants auront disparu, vous n’aurez plus à votre disposition que des ouvrages “grand public”, très conformistes et politiquement corrects ! ».

La Librairie nationale est très « politisée ». Trop ?
C’était un choix délibéré qui date de sa fondation. Le responsable qui m’a succédé l’a amplifié suivant ses convictions personnelles. Seulement, les temps ont changés ; les haines, les scissions, les dissensions et autres « joyeusetés » qu’à connues la mouvance nationaliste n’ont pas favorisé « l’achat militant » dans lequel s’est, me semble-t-il, ghettoïsée, la Librairie nationale.

Les éditions Dualpha et votre librairie par correspondance Francephi diffusion semblent, quant à elles, prospères ?
3 à 4 livres sont publiés chaque mois et ils rencontrent presque tous un bon accueil auprès des lecteurs. À part un titre ou deux qui fait un « flop », c’est inévitable, nous équilibrons les coûts de revient (droits d’auteur, impression, frais de diffusion). Nos livres sont parfois « très spécialisés », certes, mais ne sont jamais ceux d’un ghetto ; c’est là toute la différence, mais elle est énorme. Ma seule politique militante est celle du non-conformisme. Je publie tout autant le livre d’une catholique traditionnaliste (Le Dilemme, les jeunes face à la vocation du mariage de Marie-Claude Sarrot) et celui de francs-maçons (Le Dictionnaire des FM européens de Michel Gaudart de Soulages et Hubert Lamant), Le génie du Judaïsme de Dominique Zardi et Les nouveaux païens de Christian Bouchet, celui du prisonnier des camps allemands Lucien Josso (Le Refus, prix Lutèce 2004) que les aventures de trois Français engagés dans la division Charlemagne (Trois jeunesses provençales dans la guerre de Luc Deloncle), celui du frontiste Pierre Descaves (Des rêves suffisamment grands) que de l’ancien secrétaire d’État du gouvernement Chirac-Juppé Guy Forzy (Ça aussi, c’était De Gaulle), etc. Je ne m’attends pas à faire l’unanimité dans mes choix éditoriaux – sauf peut-être auprès d’esprits parfaitement libres – mais on peut me reconnaître d’avoir le courage de publier les uns, comme les autres, alors que la quasi-totalité des éditeurs français tremblent à l’idée d’être compromis par tel auteur ou telle mouvance politique ou religieuse… J’ajoute que je ne censure jamais un livre que je décide de publier, aucun de mes auteurs ne vous dira le contraire. Je refuse seulement les règlements de comptes personnels (forcément stériles) et ceux qui tomberaient sous le coup des lois françaises et européennes (forcément suicidaire).

Vos idées politiques interfèrent-elles dans votre choix éditorial ?
Tous ceux qui ont lu les trois tomes de mes « chroniques barbares » savent que j’ai clairement condamné l’invasion de l’Irak par les USA. Cet impérialisme cynique et dément de l’actuel gouvernement yankee ne peut conduire qu’au chaos. De même, le puritanisme que défend ce même gouvernement m’horripile. Néanmoins, je suis scandalisé que depuis la première élection de George W. Bush, la quasi-totalité des livres qui lui sont consacrés en France lui soit hostile. Les rares livres favorables sont à ce point boycottés que je ne pourrais même pas vous en citer un seul. Si j’en avais eu l’occasion, j’aurai parfaitement pu en publier un, ne serait-ce que par réaction au totalitarisme médiatique français.

C’est vous seul qui décidez de publier ou non un livre ?
Oui, j’en assume toute la responsabilité. Des succès comme des échecs.

Quelle est votre politique éditoriale ? Est-elle dictée par un « choix politique » ?
Je garde bien évidemment mes convictions personnelles, mais j’ai cessé tout engagement militant depuis maintenant plus de vingt ans. Mon critère de choix est avant tout de trouver des livres qui n’ont plus leur place dans les grands circuits de distribution. Soit parce qu’ils sont « politiquement incorrects », soit parce qu’ils sont jugés « non rentables » par les éditeurs dont le seul critère est l’augmentation de leurs bénéfices.

Et vous, vous les rentabilisez ?
Habituellement, oui. Mais « augmenter mes bénéfices », même si je fais tout pour cela bien sûr, n’est pas mon unique but : il y a des livres dont j’estime la parution indispensable, même si elle est très peu commerciale.

Un exemple ?
Celui, évidemment, des quatre tomes des Bibliographie générale des droites françaises d’Alain de Benoist. Personne ne peut imaginer que l’auteur les a écrits pour gagner de l’argent… ni que je les ai publiés pour cette raison. Mais leur édition est une de mes fiertés. Et à défaut de « gagner » un centime d’euro, je n’ai pas perdu d’argent. Ce qui prouve qu’il y a encore des lecteurs cultivés qui attendent des livres d’une telle qualité.

Quel est l’impact de votre site internet sur votre diffusion ?
Internet est aujourd’hui une vitrine quasi-obligatoire pour toute société, comme d’avoir un numéro de téléphone ou un fax. Les commandes y sont régulières et surtout permettent à nos lecteurs à l’étranger d’être tenus au courant de nos parutions. Leur envoyer systématiquement nos catalogues nous coûterait trop cher en frais postaux.

Vos clients reçoivent combien de catalogues Francephi diffusion ?
Un nouveau catalogue tous les mois… et nous l’envoyons gratuitement à tous ceux qui nous en font la demande, bien évidemment. De même, nous envoyons régulièrement l’annonce de nos parutions à nos correspondants internet, relayés en cela par la librairie internet www.librad.com qui diffuse tous nos titres.

Où peut-on se procurer vos livres ?
Dans toutes les bonnes librairies, bien sûr, mais La Licorne Bleue vous réservera le meilleur accueil si vous vous présentez de la part de Francephi diffusion.
(depuis avril 2006, Primatice diffusion distribution au 10 rue primatice Paris 13e est le comptoir de ventes des éditions Dualpha et Déterna ; on est certain d'y trouver tous les livres disponibles de ces éditions)


Éditions : Dualpha et Déterna BP 58 77522 Coulommiers cedex (Tél./Fax) : 01 64 65 50 23)
Diffusion : Francephi BP 58 77522 Coulommiers cedex (Tél./Fax) : 01 64 65 50 23)
Comptoir de vente : Primatice 10 rue Primatice 75013 Paris
Tél. 01 42 17 00 48 - Fax 01 42 17 01 21 Mél. primatice@wanadoo.fr
(La rue Primatice est juste derrière la Mairie du XIIIe Métro : Place d’Italie)

Sites internet conseillés : www.dualpha.com – www.francephi.com – www.librad.com

Adresses internet : infos@dualpha.com – diffusion@francephi.com – contact@librad.com – primatice@wanadoo.fr

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