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Vendredi, 3 Avril 2009
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Entretien paru sur le site GENERATION FA8
Les entretiens de Philippe Randa
Nous recevons cette semaine Philippe Randa qui est écrivain, chroniqueur politique et éditeur français. Nous vous invitons à visiter son site : http://www.philipperanda.com/. Cet entretien évoque l’actualité récente et des sujets moins en vue, mais néanmoins très importants.

Nous le remercions d’avoir répondu à nos questions.

GENERATION FA8 : Bonjour. Tout d’abord serait-il possible que vous vous présentiez à nos lecteurs ne vous connaissant pas encore ? De même pourriez-vous nous décrire rapidement votre parcours politique ?

J’ai écrit une centaine de livres ; beaucoup de romans, puis des livres d’histoires et trois dictionnaires commentés (sur la collaboration, les livres politiquement incorrects avec Francis Bergeron et dernièrement la police avec Jean-Claude Giraud). J’ai fondé les éditions Dualpha et Déterna il y a une douzaine d’années, la librairie parisienne Primatice en 2006 et chaque semaine, j’écris une chronique politique disponible sur mon site ou envoyée via internet à plus de 15 000 personnes. Mes chroniques sont souvent reprises sur des sites très différents, voire même systématiquement sur certains comme Synthèse nationale et VoxNr. Depuis octobre 2008, je suis également rédacteur en chef adjoint du bimensuel Flash infos magazine. Politiquement, j’ai été membre du Parti des Forces Nouvelles avant de cesser tout engagement politique direct à partir du début des années 80 du siècle dernier. Je relate d’ailleurs ce passé dans le numéro 9 de Flash dont le dossier est consacré au militantisme.

GENERATION FA8 : À l’heure où les analyses politiques, sociales et économiques proposées par l’ensemble de la mouvance nationale lui donnent raison jour après jour, cette même mouvance nationale apparaît divisée, atomisée et peine à faire entendre sa voix. Quelles sont, selon vous, les raisons de cette division ?

D’abord, j’ai toujours entendu ressasser que les événements ou analyses donnaient chaque jour plus raison que la veille à la mouvance nationale. C’est le pendant du vieux slogan « l’avenir nous appartient ». C’est beau, mais l’avenir n’appartient de fait à personne, même à ceux qui se lèvent tôt, ce serait trop facile. De plus, les mêmes personnes qui affirment cela se lamentent que tout va de mal en pis dans ce pauvre monde et ce depuis la Saint Glinglin pour le moins. Des esprits chagrins pourraient donc en conclure légitimement que cette Mouvance nationale ne serait bonne qu’à prévoir le pire, voire même à l’espérer par méchanceté ou masochisme.

Plus simplement, je constaterais pour ma part que le monde ayant tellement changé depuis plus d’un demi-siècle, on a autant de raisons, quoi que l’on pense, de se réjouir que d’être contrarié par l’époque actuelle.

En ce qui me concerne, je suis né dans un monde divisé en deux blocs et j’ai grandi sous la menace d’une conquête de l’Europe de l’ouest par l’Armée Rouge. Aujourd’hui, cette menace qui avait motivé mon engagement politique a disparu. Une autre lui a succédé, celle de l’impérialisme américain, tout aussi grave sur le fond qu’elle est différente sur la forme.
Maintenant, en ce qui concerne les divisions de cette si capricieuse mouvance nationale, rappelons tout de même que celle-ci n’a été rassemblée que sous la poigne de Jean-Marie Le Pen et encore cette période « faste » de son histoire politique n’a pas été exempte de scissions et de départs plus ou moins volontaires. Aujourd’hui, davantage à cause de son âge que de ses déclarations, Jean-Marie Le Pen n’est plus la personne crédible pour rassembler et personne ne s’est encore imposée à sa place. Ça viendra peut-être, peut-être même très vite… ou la mouvance nationale va-t-elle disparaître, en tout cas sous sa forme connue jusqu’à présent. Tous les scénarios sont possibles. Par exemple, si le paysage politique français évolue vers une situation à l’anglo-saxonne, soit deux grands partis, on trouvera alors forcément chez chacun d’eux des franges modérées et d’autres plus radicales.

GENERATION FA8 : Le Front National reste encore aujourd’hui – qu’on le veuille ou non – le principal représentant de cette mouvance nationale. Tout d’abord, comment expliquez-vous la situation dans laquelle se trouve actuellement ce parti ? Ensuite comment voyez-vous l’avenir de celui-ci ? Enfin est-il possible dans les mois et années qui viennent de reconstituer un nouveau front rassemblant l’ensemble des forces vives de la Nation ?

Je ne suis pas membre du Front national, je n’ai donc ni à juger ses dirigeants, ni à leur dicter en quoi que ce soit ce qu’ils doivent penser, dire ou faire. Son avenir est l’affaire de ceux qui en sont membres.

Je déplore bien évidemment les dissensions entre certains amis ou personnes que j’apprécie, mais reste persuadé, en politique comme en tout autre chose, que le dynamisme est le seul moyen de parvenir à réaliser quelque chose, bien davantage que l’obsession d’une hypothétique « union » après laquelle certains courent à en perdre leurs dernières illusions à défaut de leur haleine.

GENERATION FA8 : Il y a quelques temps dans Flash, vous avez évoqué l’idée d’une citoyenneté européenne. Pourriez-vous expliquer sur quels principes ou concepts celle-ci reposerait ? En défendant une éventuelle citoyenneté européenne, n’avez-vous pas le sentiment de faire le jeu des mondialistes qui souhaitent la dissolution des nations dans un ensemble vide de sens ?

J’ai toujours été partisan d’une Europe politique, militaire et économique, fondée sur ses provinces historiques qui resteraient « maîtresses et charbonnières » chez elles, pour tout ce qui concerneraient leur culture, la justice, les impôts locaux, etc. Cela fait évidement disparaître l’échelon de la Nation.

Et ce projet politique est, me semble-t-il, le plus apte au contraire à faire obstacle au « gouvernement mondial » qu’entend nous imposer la politique actuelle des États-Unis d’Amérique et de ceux qui la soutienne. Il est évident que le monde est ainsi fait que seule prime, et primera toujours, la loi du plus fort. Un bloc européen, parce qu’il sera trop important pour que cela vaille intérêt de l’attaquer économiquement ou militairement, empêchera de fait toute « gouvernance mondiale ». Un peu comme la possession de l’arme atomique exclue de fait toute agression militaire entre deux pays la possédant.

GENERATION FA8 : Quel est votre personnage historique préféré et pourquoi ? Partagez-vous l’idée que nos compatriotes, dans leur ensemble, ne connaissent plus et n’aiment plus leur histoire qui est pour nous magnifique ?

J’ai répondu voilà vingt ans à cette question en citant Léon Degrelle, chef politique et combattant anti-bolchevique sur le Front de l’Est. Si, aujourd’hui, je cite quelqu’un d’autre, moins sulfureux historiquement, on ne manquera sûrement pas d’en conclure plein de vilaines pensées à mon égard. Et ceux qui ne pensent déjà pas du bien de ce que je fais, écris ou dis, ne manqueront pas non plus de rappeler mon choix initial. Hé bien, Degrellien un jour, Degrellien toujours… Au point où en est ma mauvaise réputation, autant chanter avec Brassens : « Pas besoin d'être Jérémie, Pour deviner le sort qui m'est promis, S'ils trouvent une corde à leur goût, Ils me la passeront au cou. »

Quant à ces compatriotes qui ne connaissent pas leur histoire, c’est bien navrant pour eux et leurs réflexions personnelles. Mais qu’ils ne l’aiment plus est alors un moindre mal. Le pire est sans doute d’aimer quelque chose qu’on ne connaît pas, bien plus encore que de détester ce que l’on connaît.

GENERATION FA8 : Le concept de choc des civilisations développé par plusieurs intellectuels, vous semble-t-il être pertinent ou totalement dépassé ?

Cette expression a été inventée de toute pièce par les partisans de l’actuelle politique américaine pour justifier leur impérialisme. À la chute du Bloc soviétique, il fallait un nouvel ennemi, l’islamisme radical a été choisi. Quelques habiles manipulations et une campagne de haine anti-islamique savamment orchestrée plus tard, avec pic émotionnel le 11 septembre 2002, ce magnifique concept marketing du « choc des civilisations » s’était répandu dans le monde comme certains le désiraient. Remarquons que son succès doit beaucoup à certains milieux nostalgiques des empires coloniaux ou traumatisés par la bêtise énoncée par Louis-Ferdinand Céline sur l’Europe blanche morte à Stalingrad : ces gens-là se sont brusquement vus libres de « bouffer du bougnoule », car pour eux arabes et islam, c’est le même couscous. Après des années de matraquage idéologique anti-raciste, ils peuvent désormais se défouler, sans voir que ce sont les mêmes puissances aux intérêts politiques et économiques convergents, qui les manipulent, tout autant que le premier fanatique musulman venu.

GENERATION FA8 : Dans certains pays d’Europe, les partis nationaux émergent, arrivent à faire entendre leurs voix et finalement à peser dans le jeu politique de leurs pays respectifs. Pour quelles raisons selon vous ?

Lors de notre rencontre, ce que m’a dit l’écrivain Maurice Bardèche à propos de l’avenir m’a beaucoup marqué. Il convenait que « nos ennemis », comme il disait, avait tout gagné et menaient la danse comme ils l’entendaient au niveau politique, culturel, géographique, etc. Mais qu’il leur échappait un secteur qu’ils ne parvenaient pas à maîtriser totalement et qui, d’après lui, sauverait la perspective d’un autre monde que celui qu’ils nous imposaient : le secteur économique. Face aux crises économiques et sociales, « nos ennemis » ne pouvaient rien et Maurice Bardèche prédisait qu’elles leurs seraient fatales.

Tant que les peuples pensent vivre bien, mieux qu’avant, pourquoi changeraient-ils quoi que ce soit ? Mais qu’un jour leurs difficultés augmentent et surtout qu’ils commencent à perdre espoir dans un avenir meilleur, alors tout redevient possible. Ce début de XXIe siècle semble très prometteur pour ceux, dont je fais partie, qui espèrent quelque changement, voire même quelques lames de fond politiques…

GENERATION FA8 : L’élection du chef de l’État est actuellement décidée par le suffrage universel. Nous considérons que ceci représente une folie. Partagez-vous notre point de vue ?

Je suis profondément démocrate, c’est-à-dire que j’estime qu’un peuple doit soutenir majoritairement son ou ses dirigeants, mais parfaitement opposé au système parlementaire au niveau national qui, finalement, n’est qu’une autre forme de dictature : ce n’est pas la répression physique qu’on utilise pour s’imposer, mais l’étranglement financier… Quant à mettre à égalité de vote tous les citoyens, des plus idiots aux plus savants, des plus manipulables aux plus achetables… et que les résultats des élections soient moins l’adhésion au programme du vainqueur que le barrage fait à celui de son concurrent, me conforte dans mon opposition à ce système au niveau national.

En revanche, il me semblerait plus juste que les peuples votent à leur échelon local pour des représentants qui éliraient en leur sein des représentants nationaux qui eux-mêmes élirait un chef d’État… auquel on pourrait même envisager de donner un Pouvoir absolu, mais durant une période limitée.

GENERATION FA8 : Les peuples européens, dans leur ensemble, paraissent endormis ou alors, totalement gagnés par les idées modernes. Comment pouvons-nous faire pour les ramener dans le droit chemin ? D’ailleurs le droit chemin, quel est-il ?

Aucune peuple n’est plus « endormi » qu’un autre ; ses dirigeants changent plus ou moins de politique suivant les événements historiques ou économiques sous la pression des circonstances. Quant aux « idées modernes », j’ignore de quoi il s’agit, tout comme le « droit chemin »… Il y a l’idée que se font de l’avenir ceux qui sont interpellés par autre chose que leur simple confort quotidien et qui sont persuadés que rien n’étant inéluctable, tout reste toujours possible.

GENERATION FA8 : Pour finir, suite aux évènements survenus en Guadeloupe, pensez-vous qu’il serait souhaitable de lui donner son indépendance ?

La Guadeloupe n’étant pas européenne, il serait effectivement temps de lui accorder, ainsi qu’à tous nos autres possessions d’outre-mer, une indépendance dans laquelle tous ces peuples exceptionnels pourraient enfin prouver la qualité de leur génie et plus encore de leur travail, débarrassés qu’ils seraient de cette Métropole qui les maintient dans un honteux assujettissement financier… et réaliser ainsi un PIB autrement plus important que les dérisoires 12,7 milliards d’euros d’effort budgétaires que leur consacre en 2009 avec une rare avarice, teinté d’un évident racisme, les contribuables français. « Les Antilles veulent l’indépendance ? Bravo, qu’on la leur donne. Tout de suite. Bon débarras », a écrit récemment Pierre Vial sur le site Terre & peuple. Je suis entièrement de son avis : qu’on les débarrasse de nous ! Vite !

Propos recueillis en mars 2009.

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