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Samedi, 12 Janvier 2008
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Interview paru Synthèse Nationale - Numéro spécial : « Enquête sur l’identité »
Les entretiens de Philippe Randa
sous la direction de Chantal Spieler, postface de Filip Dewinter, député d’Anvers (15 octobe 2007)


Aujourd’hui, plus que jamais, notre identité est menacée. Quel est, à votre avis, le facteur le plus déterminant qui participe à ce danger ?
Faudrait-il d’abord s’entendre sur la notion « d’identité » : ethnique, religieuse, culturelle, économique ?… Et sur la notion de « plus que jamais » ! S’il s’agit, par exemple, de « la France des clochers et des terroirs », faudrait-il, de plus, s’entendre sur l’époque de celle-ci. Il me semble que « clochers et terroirs » n’ont pas toujours été identiques au cours des vingt-et-un siècles passés, pour ne considérer que ceux-ci. Édouard Drumont, au xixe siècle, s’inquiétait déjà de la France menacée par l’immigration étrangère, les ennemis de sa religion, les manigances des puissants financiers, détenteurs de fortunes aussi monstrueusement anonymes que scandaleusement vagabondes : à le lire, la France n’en avait plus pour bien longtemps. Cela fait un siècle, la France est toujours là, mais, semble-t-il, pour beaucoup, toujours menacée des mêmes maux. On peut en conclure que de telles menaces, si menaces il y a, sont récurentes, mais jusqu’à preuve du contraire, encore non mortelles.
Quant au facteur le plus déterminant, c’est selon les affinités de chacun sans doute le métissage, l’islamisme radical, le chômage, l’American way of life, le sionisme, le terrorisme, j’en passe et autant que l’on veut. Mais pour qu’on ne me reproche pas d’éviter de répondre directement, j’estime que nous vivons une période historique qui remet en question les modes de pensées et de vie des cinquante dernières années ; sur quoi cela va déboucher, je ne suis pas devin, mais nous sommes embarqués dans un formidable maëlstrom de bouleversements, alimentés par tous les facteurs de la vie publique, nationale et internationale. Ils sont tous déterminants et ont tous leur importance ; que celle-ci soit grande ou petite importe peu.

Intégration, assimilation, communautarisme... des notions aujourd’hui mises en avant en raison des problèmes liés à l’immigration. Comment envisager une réponse crédible et réaliste ?
Au début des années 70 du siècle dernier, nos gouvernants auraient pu prendre conscience des problèmes qu’allait poser l’immigration non contrôlée, prendre les dispositions adéquates et la réguler. Au contraire, ils ont ouverts en grand les vannes de l’immigration pour se pourvoir en main-d’œuvre meilleure marchée que celle des autochtones. Ils ont ainsi incité des millions d’immigrés africains et nord-africains à venir et à s’installer, notamment avec le regroupement familial instauré par Jacques Chirac, alors Premier Ministre et Valéry Giscard d’Estaing, président de la République. Puis la gauche accédant au Pouvoir avec François Mitterrand, a vu dans ces immigrés un vivier électoral et a favorisé encore davantage l’immigration à tout va.
Aujourd’hui, il faut être réaliste : beaucoup de ces immigrés sont intégrés et le sont parfaitement ; ils ont généralement fait souches et deux générations de leurs enfants et petits-enfants sont nés français et n’ont plus aucune attache avec leurs pays d’origine. En ce qui les concerne, parler de « renvoi » est hors-sujet et envisager leur « départ » n’a aucun sens… En revanche, il y a ceux qui ne se sont pas intégrés et ne le désirent même pas. Ceux-là, et ceux-là seuls, doivent et peuvent être renvoyés s’ils n’ont encore ni papiers, ni travail. Enfin, il y a les immigrés qui arrivent toujours ou vont arriver tant que de multiples associations liées à l’extrême gauche les manipulent pour faire imploser de l’intérieur une société qui avait résisté à leur tentative de révolution en Mai 68.
Ce sont ces associations-là qu’il faut mettre hors d’état de nuire, et de nuire gravement car elles sont volontairement responsables des problèmes liés à l’immigration.
Mais quoiqu’il en soit, pour stopper définitivement les flux migratoires disproportionnés et pour que beaucoup d’immigrés – car ils sont très nombreux à le désirer – repartent volontairement dans leurs pays d’origines, faudrait-il encore que ces derniers leurs offrent des possibilités d’avenir, notamment économique. C’est là-bas qu’on doit intervenir intelligemment. Même pas par fraternité universelle, par simple souci d’efficacité.

Le nouveau pouvoir incarné par Nicolas Sarkozy, avait mis l’identité nationale au centre de ses préoccupations électorales. Pensez-vous que ces promesses (qui ont sans aucun doute contribué à l’échec du Front National) soient dignes de confiance ?
Le candidat Nicolas Sarkozy a été un formidable rouleau compresseur électoral… Son élection à la présidence de la République avec un discours de bon sens que tout le monde attendait, suivi de sa politique « d’ouverture » – qui n’est en fait qu’un cynique débauchage de personnalités qui ont vendu leurs âmes, même pas pour des strapontins, mais pour des rôles de figurants gouvernementaux – ont été des « exemples d’école », dignes de figurer dans les annales politiques. Nicolas Sarkozy est un maître en communication, indéniablement et on ne peut qu’admirer son talent en la matière. Reste à savoir quelles promesses il va tenir. S’il n’en tient qu’une sur dix, ce sera déjà tellement… et sans doute suffisant pour assurer sa réélection dans cinq ans. J’ai fais parti de ceux qui n’avaient pas confiance en lui avant son élection ; maintenant, n’ayant guère le choix de toute façon, je n’espère sincèrement qu’une chose : m’être trompé… Donc, wait and see

Voyez-vous une hiérarchie dans la défense de notre identité, régionale, nationale, européenne, chrétienne... ?
Je ne suis pas chrétien, je vais donc y substituer le terme de « spiritualité » et c’est là du domaine strictement personnel. J’estime pour cela au plus au point la loi française de 1905 de séparation des Églises et de l’État. Par ailleurs, je ne me reconnais pas dans les nations et suis partisan d’une Europe des régions, dans laquelle je défendrais ma culture française dont je suis particulièrement fier.

Quel bilan tirez-vous de vos années de militantisme, que ce soit à titre personnel ou à travers les associations, mouvements ou médias auxquels vous appartenez ou avez appartenu ?
Je me suis engagé très jeune – c’était la fin des 70 –contre le communisme qui représentait pour moi tout ce que j’exécrais, l’esprit soixante-huitard qui a pourri les esprits et l’immigration incontrôlée dont la menace pour l’équilibre de notre société s’est révélée. Aujourd’hui, d’une part le communisme a quasiment disparu et d’autre part l’esprit soixante-huitard est moribond, plus personne de censé ne songeant à défendre de ses utopies… et on peut compter sur les doigts d’un manchot ceux qui estiment encore que « l’immigration est une chance » que ce soit pour la France ou pour le pays d’origine.
Les associations, mouvements ou médias qui ont eu ou ont toujours mon soutien, ma sympathie ou ma collaboration, qu’ils aient disparu ou soient encore là, cela n’a guère d’importance. De nouveaux enjeux politiques sont apparus, ni plus graves, ni plus dramatiques que les précédents… Seuls la façon de les appréhender compte.

Dans quelle forme d’action vous situez-vous (politique, spirituelle, métapolitique, culturelle, sociale...) pour apporter votre contribution à ce combat nécessaire ?
J’ai cessé tout militantisme politique depuis plus de vingt ans… Je me consacre totalement à mes activités littéraires, historiques, éditoriales, de diffusion et de distribution dont beaucoup reposent sur la dénonciation du politiquement correct et la lutte permanente pour une totale liberté d’expression et de débats ; ces dernières étant malheureusement parfaitement illusoires, mais Sacha Guitry l’a dit « C’est en perdant ses illusions qu’on s’aperçoit qu’on en avait encore. »

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